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 Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]

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Leona
Humaine maléfique
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MessageSujet: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Mar 15 Avr - 20:40

Nouveau complot, nouvel espoir
Eris & Leona

Les feuilles des arbres claquaient, le vent hurlait, les branches sifflaient, toute la forêt était en proie a de violents vents qui semblaient vouloir la déraciner. Un temps qu’adorait Leona. C’est pour ça qu’elle avait décidée d’aller en forêt. Mais pas n’importe laquelle, non, le terrain de chasse de la cité, située juste légèrement en dehors de celle-ci. Dans un but bien précis évidemment, son désir de vengeance était bien trop présent pour tenter de l’oublier. Et si elle voulait tenter quelque chose, il fallait bien évidemment se renseigner avant, et plus elle était proche de la Cité, mieux c’était. Ce qu’elle tentait de faire depuis un moment déjà, usant et abusant de tout ce qu’il fallait pour arriver à ses fins. Elle était absolument prête à tout.
Elle pourrait également tenter d’attraper quelque chose pour manger, voir si ses pièges avaient fonctionnés.

Ce matin-là, elle avait donc ramassé sa dague pour les plantes, l’avait glissée dans sa ceinture, et s’était mise en marche vers le terrain, bâton en main. Elle connaissait le chemin par cœur, n’en avait presque pas besoin. Non, elle avançait doucement surtout pour tendre l’oreille : il ne fallait surtout pas qu’on la voie. Sa crinière rouge était déjà bien trop reconnaissable comme ça. Heureusement que son ouïe était plutôt bien développée pour pallier à sa cécité. Pauvre petite chose. Petite chose ricanante qui se servait de cet handicap parfaitement bien, d’ailleurs. Agrippée à son bâton, elle sifflotait et pensa soudain à la Cité. Qu’elle avait hâte de pouvoir se venger. Et des dieux également. Qui n’avaient rien fait pour elle. Orgueilleuse ? Fière ? Oui, tout a fait.
Le vent violent faillit lui arracher son bâton des mains. Elle poussa un juron. Au moins, les chasseurs seraient moins nombreux, par ce temps c’était plus du temps perdu qu’autre chose. Elle se retrouva vite là où elle avait posé ses pièges, dans un recoin isolé. En s’agenouillant, elle jubila en sentant de la fourrure sous ses doigts. Lapin. Parfait.

La jeune femme décida de repasser le chercher en repartant. Pour le moment… elle tendit l’oreille pour écouter le bruit de l’eau de la rivière et se dirigea par là-bas. Celle-ci dirigeait tout droit vers la Cité, il lui suffirait de la longer… et le long de l’eau, plusieurs plantes lui seraient utiles. Tirant son couteau de sa ceinture, elle s’agenouilla et toucha les plantes une par une pour déterminer leur nature. La jeune femme prenait grand soin de ne faire aucun bruit pour entendre le moindre mouvement suspect. La cité était trop près pour ne pas rester sur ses gardes. Elle entendait légèrement le fourmillement de la ville. C’était rageant de ne pouvoir s’en approcher. Il aurait fallu qu’elle trouve une cape pour la recouvrir entièrement, et surtout sur sa flamboyante crinière qui était loin de passer inaperçue. Et fabriquer ça avec seulement des éléments de la forêt… elle était fabriquante de potions et de poisons, pas couturière.

Les feuilles des arbres craquèrent. Leona se raidit. Elle n’était plus seule. Elle se redressa légèrement sur les genoux et se tourna vers la source du bruit.
Prenant la voix d’une fillette apeurée, elle murmura :

- Qui-qui est là… ?

Plus de bruit. Non, elle n’avait pas rêvé. Et elle faisait confiance à son ouïe. Elle pria en silence que ce ne fut pas un citoyen d’Héllenos. Elle avait été imprudente. Bon, dans ce recoin c’était improbable que ce soit un villageois. N’empêche.
« Allez, parle… que je reconnaisse ta voix… »
Leona avait appris à déceler beaucoup de choses dans les voix. C’était fascinant. Il suffisait que l’inconnu ouvre la bouche et il / elle se trahirait.

- S’il vous plait, dites quelque chose…

Pas une once d’agressivité, rien que de la peur savamment maitrisée. Ce qui la faisait surtout rager, c’est qu’elle ne pouvait pas voir où l’inconnu était. Elle ne sentait pas son « aura » près, donc il était au moins à quelque pas. Mais toujours sans parler. Elle sentait simplement son regard fixé sur elle. Leona ne trahissait dans son apparence qu’une jeune femme aveugle apeurée, qui en général arrivait bien à faire pitié. Même si derrière cette apparence se cachait tout autre chose.
Bordel.
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Éris
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MessageSujet: Re: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Jeu 17 Avr - 18:56

Les yeux et les oreilles d'Eris étaient partout....

Elle avait pu en entendre, des choses. Des sombres crimes aux histoires secrètes que les gens tentaient de dissimuler, elle savait tout. En réalité, elle en savait tellement qu'elle aurait pu, à elle seule, souiller la réputation d'Hellenos. Car la cité blanche, de l'espoir, passerelle entre les dieux et les pauvres mortelles regorgeait de croustillants secrets. Des hommes trahissaient des femmes, des femmes trompaient des hommes, des conflits se réglaient au couteau, des personnes étaient rejetés pour leur différence. S'il fut un fait de la cité qui ne lui était pas encore connu, elle ne tarderait pas à l'apprendre. Et pour cause, de nombreux partisans s'adonnaient aux commérages, d'autres se glissaient dans les conflits. Quant à ceux qui ne la vénéraient pas, ils finissaient toujours par venir dans son temple, racontant leur malheur, dévoilant ce que personne ne savait, et implorant la déesse de semer la discorde dans le coeur de ceux qu'ils détestaient. Beaucoup de gens pouvaient penser que les prières dans les temples n'étaient jamais perçues des dieux, mais il pouvait être sûrs qu'il en demeurait un où l'on était toujours écouté: celui d’Éris. Et pourquoi?

Parce que cela était le meilleur moyen pour elle de détruire cette cité à petit feu.

Un cirque, cette ville était un cirque. Une pièce de théâtre faite de faux-semblants, prétendant à l'union des hommes et des dieux mais ne réalisant finalement que le souhait égoïste de ces derniers. Celui d'être reconnu.
Les dieux, de part et d'autre de la Grèce, étaient vénérés, mais ils ne se montraient guère. D'après Zeus, c'était pour que les hommes vivent leur vie sans être influencés, ni se reposer totalement sur les Dieux. Seulement, aussi vrai que le temps détruit tout, la foi s’effrite. Elle se décompose, mourant à petit feu devant l’absence de preuves de l'existence de leurs protecteurs et des miracles quasi-inexistants. Comment croire en quelque chose que l'on n'avait jamais vu, jamais entendu? Alors, pour continuer de se sentir rois, pour se gorger de ce respect, de cette vénération sans peur qu'elle ne disparaisse, les dieux avaient crée Hellenos. C'était là toute la théorie D'Eris sur l'origine de la cité.

Et quel meilleur moyen, pour détruire ce sentiment de supériorité et causer du tord, que de réduire à néant ce théâtre, cette illusion. Les gens se laissaient engourdir par le bonheur, et il fallait que cela change. Tout allait trop bien dans ce lieu où les méandre de la joie s'élevaient comme des serpents de fumées fétides. Mais, même si sa réputation était assombrie par un millier de ragot, cela ne suffisait pas... Il fallait qu'elle disparaisse, lentement... Que l'agonie se sente dans le souffle même de ses habitants, que la souffrance se lise dans les yeux de la ville. Et quand le temps et le mal aurait fait son oeuvre, il ne resterait que ce pour quoi Eris jubilait depuis sa tendre enfance, ce pour quoi elle vivait encore depuis des siècles, sans jamais se lasser....

Un extraordinaire et indéniable Chaos....

Elle marchait dans la forêt de son pas souverain, se tenant droite avec la fierté d'une reine. Oui, le néant, ainsi était le destin d'Hellenos... Un néant tel que les gens en frissonneraient de peur rien qu'à l'évocation. Un néant qui amènerait à fuir plutôt qu'à reconstruire. Seulement elle avait beau être forte, surpuissante même, Eris ne pouvait s'en charger seule... Et puis, elle préférait de loin agir dans l'ombre.
Ce qu'il lui manquait, c'était des pions....
Et elle venait de trouver un pion.

Seule, agenouillée, sa chevelure flamboyante évoquait sans conteste les flammes ardentes de l'enfer. A ses pieds, un bâton. Une aveugle. Cela se voyait à la manière dont l'inconnue tâtait le sol. Une aveugle à la toison écarlate...
De toute l'histoire d'Hellenos, il n'y en avait eu qu'une, et bien que son souvenir s'était quelque peu effrité dans l'esprit de ses habitants, Eris s'en souvenait toujours. Elle se rappelait sans grand mal le râle d'indignation qui s'était emparé de la cité quand une étrangère était arrivée. Ce râle grandissant quand elle s'était emparée du coeur d'un homme que l'on considérait comme bon. Et ce râle éclatant d'une rage pure et étincelante quand un enfant maudit était né de cette union. Maudit par son physique, copie conforme de celui de sa mère. Maudit par ses yeux, incapables de voir. Il avait suffit d'un meurtre, un seul, pour que la rage devienne sauvagerie.

Ce qu'était devenue la mère, ça, elle n'en savait rien. Mais elle avait entendu que l'enfant maudit était revenue en ville, orpheline, et qu'elle avait été chassée pour les crime de sa mère... Une jeune fille gorgée de rancœur. Une jeune fille transie par la haine.
Quoi de plus parfait pour attaquer un peuple qu'un guerrier ne souhaitant que vengeance vis à vis de ce dernier...
La déesse ignora la question de la jeune fille, préférant de loin la transpercer de son regard améthyste. En silence, elle s'assit sur une branche avec la prestance d'un félin. Le vent se déchaînait contre les pauvres feuilles, hurlant de sa voix irréelle des paroles incompréhensibles. Pourtant, ce n'était pas lui qui faisait voler les pans de sa robe violettes et tournoyer ses cheveux. Ces derniers s'en chargeaient déjà tous seuls, et à leur propre rythme. Ainsi, la déesse ne semblait pas appartenir à se monde, ignorant tout du courroux des vents.

En réponse à la supplique de la pauvre jeune femme, elle ne répondit qu'une chose, de sa voix habituelle, tellement doucereuse, tellement aguicheuse...

-Jolis cheveux...

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MessageSujet: Re: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Sam 19 Avr - 17:18

Elle sentait le regard de l’inconnu(e) fixé sur elle. Qui ne disait toujours rien. Donc, il y avait quelque chose de bizarre. Si ça avait été quelqu’un de « normal », il ou elle aurait parlé. Si ça avait un  citoyen d’Héllenos, pareil. Ou en tout cas, beaucoup plus rapidement que ça. Donc… ? La jeune femme avait horreur de se sentir vulnérable. Et c’était bien le cas, transpercée d’un regard qu’elle ne pouvait voir. Il lui fallait pourtant jouer son rôle. Qui sait, cette personne pourrait fort bien…

-Jolis cheveux...

Leona sourit intérieurement, mais ne laissa paraitre qu’un léger sursautement et un visage inquiet. Voix doucereuse. Aguicheuse. Femme. Jamais entendue auparavant, elle s’en serait souvenue dans le cas contraire.
Immédiatement, elle sut qu’elle n’avait pas affaire à n’importe qui. L’intonation de la voix, le ton… non, elle n’était en rien habituelle à celle des gens « normaux ». Malgré les vents violents, elle avait remarqué que la voix venait de plus haut, dans un arbre sûrement. Donc, quelqu’un qui aimait prendre les autres de haut. Quoi de mieux qu’une pauvre aveugle pour cela ?
Une femme sans compassion. Ou alors, quelqu’un qui s’était déjà rendue compte de son petit jeu à elle. Elle verrait bien par la suite… En tout cas, nullement habituelle. La jeune fille sourit intérieurement.
De toute manière, nullement une citoyenne de la Cité. Ça, elle en était certaine.
En tout cas, rien que par ses deux mots, elle en avait déjà révélé beaucoup, pour Leona.

- M-merci… murmura-t-elle avec un tremblement dans la voix.

Ensuite, les mots. Jolis cheveux. Simple coïncidence ou pique bien affutée ? Elle ne trahit rien, mais ses neurones fonctionnaient à toute allure. Tout dépendait de qui elle avait en face d’elle. Ses mots n’étaient pas anodins. Leona tourna son visage aux yeux blancs vers la source de la voix, impénétrable, trahissant déjà un peu son rôle. Sa crinière lui posait assez de problèmes comme ça.

- Ils sont bien loin d’être pratique pour rester dans l’ombre… et sortir au bon moment.

Si elle voulait jouer à ce petit jeu, elle le pouvait aussi. A demi-mots, tout dire et ne rien dire, il fallait qu’elle sache qui elle avait en face d’elle. Si c’était quelqu’un d’anodin, elle  ne comprendrait pas ses paroles et se demanderait simplement si elle n’était pas un peu simple d’esprit. Vu la voix, ça l’étonnerait. Si, comme elle se doutait, cela allait plus loin… le masque tomberait bien vite.

Elle décida de jouer le tout pour le tout. Son intuition ne la trompait que rarement, et elle avait l’habitude de lui faire confiance. Et tant pis si elle s’était trompé… il valait mieux tout risquer pour tout gagner, au risque de tout perdre. De toute manière, elle n’avait plus rien à perdre.

- On m’appelle Leona… nom maudit à Hellenos. A qui ai-je l’honneur de m’adresser ?

La jeune fille avait presque murmuré ces dernières paroles. Elle était restée agenouillée tout le long, et continuait de frôler les plantes en arrachant quelques unes pour les mettre dans son sac, comme indifférente. Alors qu’elles savaient toutes deux que ce n’était pas le cas.
Elle lui tendait des perches et avait hâte de voir si elle allait les saisir. Les prochaines paroles de l’inconnue permettrait à Leona d’en être sûre. Oh, elle avait bien fait de venir sur le terrain de chasse ce jour là…

Allez, trahis toi, femme à la voix doucereuse. Tu ne peux être comme les autres.
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Éris
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MessageSujet: Re: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Dim 20 Avr - 21:50

La jeune fille sursauta. Si frêle, elle avait l'air si frêle. Telle une poupée de porcelaine qu'un effleurement aurait réduit en poudre. Autant les humains, aux yeux de la déesse, étaient de faibles créatures dont la vie ne tenait qu'à un fil, qu'il lui était si aisé de couper. Mais elle, cette jeune femme, semblait aussi fragile qu'un enfant. Bien sûr, la déesse n'était pas dupe. Toute intelligente qu'elle était, elle se doutait bien que tant d'épreuves infligées à une seule et même personne rendaient de pierre n'importe quelle poupée. Cette femme avait des ressources, et Eris se ferait une joie de les exploiter. Mais pour cela, il faudrait la convaincre... et il se trouvait que la déesse était une experte dans le domaine...

La jeune fille balbutia un merci. N'importe qui aurait pu la prendre pour une jeune femme innocente, mais Eris n'était pas dupe. Ses sens étaient assez affûtés pour deviner que ces paroles n’avaient rien de sincères. Bien sûr, elles semblaient vrais, et même plus vrais que la sincérité même, et ils étaient prononcés avec une justesse que seuls les plus grands parvenaient à atteindre. Si cette jeune femme était bel et bien une comédienne comme le pensait la déesse, alors elle en était une très bonne. De toute façon, les acteurs se disant faire du théâtre n'était que le pâle reflet du véritable jeu, car la vrai scène, elle, était la vie elle même. Le monde était un théâtre et ceux qui y jouaient étaient les meilleurs, les véritables comédiens, et non ces usurpateurs.
Pourtant, le jeu de la jeune femme laissa entrevoir quelques failles. En effet, rien de bien méchant. Juste un regard qui malgré sa cécité trahissait la noirceur.


- Ils sont bien loin d’être pratique pour rester dans l’ombre… et sortir au bon moment.

Allusion aux habitants d'Hellenos, sans aucun doute. Car cette femme se terrait pour survivre, pour échapper à leur courroux injustifié. Mais il était évident que ses deniers mots lui étaient directement adressés. "Je comptes bien me venger", hurlaient-ils à la déesse. Cette aveugle avait-elle deviné qui elle était? Eris avait beau être lucide et d'une perspicacité étonnante, elle était incapable de le savoir. Mais cela lui semblait encore trop subtile, pour que cela lui soit directement adressé. Certes, elle semblait en avoir une vague idée, mais cette fille à la chevelure flamboyante ne savait pas qu'elle était en présence de la déesse de la discorde.

- On m’appelle Leona… nom maudit à Hellenos. A qui ai-je l’honneur de m’adresser ?

Que faire... La laisser encore mariner dans l'incertitude? Ou aller directement au fait? Cette dernière solution était tellement ennuyeuse... Aller directement au fait... C'était facile, c'était simple, trop simple pour une déesse qui s'évertuait à tout compliquer...Mais la faire attendre n'était pas de mise non plus... Il faudrait jouer subtilement afin d'obtenir un mélange des deux. Amener doucement à l'idée de vengeance, sans laisser croire que la déesse le planifiait depuis le début. Ainsi, elle laisserait à l'humaine la possibilité de croire à son propre choix. Illusion persistante propre à ces êtres fragiles. Mais ce semblant de liberté qu'elle croirait posséder serait garant de sa loyauté infaillible...

-Moi?

Un petit rire amusé s'échappa de sa gorge, un rire presque irréelle, raisonnant et perçant les sifflements du vent. La seconde d'après elle apparaissait en face de la jeune fille dans un nuages de fumé noire.

-Certains disent que je suis la source de tous les maux...

Disparaissant, elle réapparu plus loin derrière-elle.

-La terreur, la zizanie, la querelle personnifiée...

Puis à ses côtés, la bouche à quelques centimètres de son oreille, chuchotant:

-La discorde...

Nouveau rire sans source, nouvelle disparition. La déesse réapparue sur sa branche, la main sur le tronc.

-Mais tu peux m'appeler Éris...

Tant de simagrées, tant de mise en scène pour une simple présentation. Mais la déesse s'amusait à jouer de ces effets scéniques, pour la simple raison que cela déstabilisait, à coup sûr... De toute façon, elle n'avait rien à gagner si elle cachait son identité. Le mensonge, s'il était découvert, amènerait inéluctablement à la trahison de ses pions. Non, autant être honnête. Elle ne serait, comme à son habitude, que l’élément déclencheur d'un extraordinaire chaos! N'étant pas pion elle même, personne ne verrait l'identité de la souveraine. Et ce ne serait qu'à la fin, quand tout serait terminé, que les dieux, de leur stupide demeure qu'était l'Olympe verrait le champ de bataille signé de l'effroyable nom d'Eris. Quel chef d'oeuvre cela serait! Elle en tremblait d'avance!

-C'est si étrange...

Sur ces mots elle apparue de nouveaux aux côtés de la jeune fille. Saisissant doucement une mèche  écarlate, elle la contourna, laissant glisser entre ses doigts les fins cheveux qu'elle venait de saisir.

-Une fille aussi jolie, portant un aussi gracieux prénom. Quelle odieuse raison a-t-on trouvé
pour les qualifier de maudits?

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Leona
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MessageSujet: Re: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Mar 22 Avr - 13:58

Intérieurement, Leona bouillait. Evidemment, elle n’en laissait absolument rien paraitre, habitude de longue date de jouer la comédie à tout instant. C’était tellement plus excitant. Jouer un rôle, porter un masque, surtout que personne ne se rende compte de rien ou le petit jeu serait terminé… non, c’était beaucoup plus gratifiant. Le masque ne devait rien laisser trahir, et en dessous, tout, absolument tout, pouvait se cacher… c’était plus amusant. Même si, il fallait l’avouer, elle préférait encore la solitude, et rester dans la forêt. De toute manière, sans plan, sans rien, elle n’aurait pu revenir à Hellenos, alors…

Elle fut tirée de ses réflexions intérieures par un nouvel éclat de voix. Elle se reconcentra sur cette unique voix qu’elle percevait au milieux de la violence des vents.

-Moi? Certains disent que je suis la source de tous les maux... La terreur, la zizanie, la querelle personnifiée... La discorde... Mais tu peux m'appeler Éris...

Un rire étrange, presque irréel s’était élevé. Et la voix venait de toute part, comme disparaissant et apparaissant a d’autres endroits, tantôt tout près de son oreille, tantôt devant, tantôt derrière…

Une pure présence maléfique. Une déesse. Malveillante, sombre. Éris. Son pressentiment était juste.

La jeune fille ne put s’empêcher de sursauter. Volontaire ou involontaire ? On ne le saurait sans doute jamais… si elle s’était doutée de quelque chose concernant cette inconnue, ce n’était certainement pas à cette ampleur. Un sourire fleurit sur le visage de la jeune aveugle. Un sourire qui n’avait rien de chaleureux.

Déjà, une déesse. Dieux que Leona avait en horreur. Enfin, surtout les « bénéfiques », à vrai dire. A l’époque où ils auraient pu l’aider, a l’époque où elle était encore pure et presque innocente, elle les avait suppliés dans ses prières de venir à son secours, à elle et sa mère, mais ils n’avaient rien fait. Elle ne voulait pas comprendre qu’ils ne pouvaient ou voulaient rien faire, et ça avait contribué à la construction de sa haine et sa rancune… Aujourd’hui, sa haine s’était résorbée à propos des Dieux plus… malveillants, dira-t-on, car elle s’était bien rendue compte que ces gens-là n’auraient de toute manière rien fait pour elle.

Cette déesse avait en tout cas un goût prononcé pour la mise en scène, vu la manière de se présenter. Éris. Evidemment, elle en avait entendue parler. Quelle hasard de la croiser, cette divinité là précisément. Que des mots que Leona chérissait à présent. Terreur. Zizanie. Querelle. Discorde. Inconsciemment, toutes ses pensées allaient à la Cité. Que de mots qu’elle aimerait tant faire correspondre…

Et un adjectif qui lui seyait également à merveille et que Leona avait bien deviné derrière les belles paroles. Profiteuse. Qu’importe. Qu’elle profite d’elle tant que cela servait ses propres intérêts. La jeune fille était prête à tout pour ça, et s’il fallait pour cela se mettre au service d’une déesse qui la prendrait pour son chien, c’était parfait. Sa fierté serait intacte. Tant que son besoin de vengeance serait accompli, le reste n’avait aucune importance.

Avant qu’elle ne puisse répondre, un nouveau courant d’air qui n’avait rien de naturel la frôla et elle sentit la déesse de nouveau à ses côtés, lui saisir une mèche de cheveux et poser une question.

-Une fille aussi jolie, portant un aussi gracieux prénom. Quelle odieuse raison a-t-on trouvé pour les qualifier de maudits?

Qu’on la pende si sa question était anodine. L’esprit de Leona s’emballa. Evidemment, elle voyait déjà loin, les plans, les objectifs, les complots. Plan sur la comète ? Oh, certainement pas, la jeune fille en était persuadée.
Elle se laissa faire, retenant même son souffle et écoutant avec ravissement le ton de sa voix. Il était fascinant. Tellement doucereux… Mielleux… malveillant. Cette femme, à l’égale de sa voix, devait être magnifique, elle en était persuadée. Elle devait faire tomber tous ceux qu’elle voulait. En même temps, Leona n’avait pas vraiment eu d’opportunités d’entendre les voix des différents dieux –okey, jamais en faite–, mais si tous avaient des voix comme ça… pas étonnant que ce soient des dieux quoi.

La voix mouillée et tremblotante, elle murmura avec des larmes aux yeux :

- Ils m’ont bannie à cause de ma mère… Maudite car jugée dangereuse, la peur faisant des miracles dans le cœur des « honnêtes citoyens » si purs et innocents…

Sarcasme, ironie qui puait à des kilomètres mélangés à de la rancœur à moitié cachée et d’une tristesse dégoulinante de pitié.
Pourquoi s’obstiner à jouer ce rôle alors qu’elles savaient toutes deux que ce n’était que mascarade et de fait, purement inutile ?
Finalement, deux secondes après, elle ne put s’empêcher d’éclater d’un rire cristallin, remplie à la fois de victoire et de malveillance.

- Fin de la mascarade... Ravie de te rencontrer, j’avoue ne pas avoir eu beaucoup d’occasions de rencontrer de pareilles divinités…

Elle hésita a quel rôle jouer à présent. Dans sa propre voix, il y avait évidemment de la fierté, mais aussi du respect, qui en disait long. De toute manière, Leona savait parfaitement quel rôle elle était. Sur le jeu d’échec, qu’un vulgaire pion qu’on sacrifiait le premier. Surtout une humaine, et même pour sa race, une aveugle faible et démunie, seule. Ça, elle en était consciente, sa fierté n’était pas là. Elle était tellement loin de ça…

- Je suis sûre que la déesse de la discorde n’ignore rien de ce qui se passe de mauvais à la Cité, et donc de toute cette histoire insignifiante.

Nouveau sourire. Elle tâtonna pour chercher son bâton et se redressa fièrement. Oubliée, l’enfant aveugle timide et apeurée, laissant place à une toute jeune femme affirmée, droite et recelant de noirceur et de colère contenue.
Chercher son profit, coûte que coûte. Il faut croire qu’elle l’avait trouvée dans la personne de cette femme en face d’elle, qu’elle suivait à l’ouïe pour éviter de se faire surprendre une nouvelle fois.
Femme qu’il fallait qu’elle essaie de cerner. Evidemment, c’était impossible, face à une déesse, mais tout de même. Elle décida une nouvelle fois de tenter le tout pour le tout.

- Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que nous avons des intérêts communs, déesse a la voix doucereuse…

Elle tendit l’oreille à nouveau. Les choses sérieuses pouvaient commencer. Sa vengeance prenait un nouveau départ.
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Éris
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MessageSujet: Re: Nouveau complot, nouvel espoir [PV Eris]   Sam 26 Avr - 0:14

La petite fut alors secouée de sanglot. Tient? La déesse se surprit à écarter sa main de la tête de l'enfant. Ce geste avait été rapide, brusque, comme si la pauvre tête qu'elle avait sous les yeux lui paraissait soudain malpropre. Cette petite était-elle émotive, au final? Pourtant, la détermination qu'avait lu Eris dans ces yeux vides était bien réelle. Mais il se pouvait que cette enfant ne soit aussi pâle que les autres mortelles. Rongée par la rage, dévorée par la colère, mais assez fragile pour se briser comme une brindille sous le point du souvenir. Elle qui croyait que cette personne présentait quelque chose de plus que les autres, elle semblait s'être trompée lourdement. Au final, cette Leona était aussi dénuée d’intérêt que le reste des humain. Elle n'avait pas l'éclat des êtres d’exceptions. Non, elle présentait juste la pâleur des jeunes filles haineuses, incapables de chasser leur propre tristesse.

- Ils m’ont bannie à cause de ma mère… Maudite car jugée dangereuse, la peur faisant des miracles dans le cœur des « honnêtes citoyens » si purs et innocents…

Un éclat s'illumina dans le regard de la déesse. Cette tirade était si riche en émotion, si riche en désespoir... Pourtant cette vague de nuance dissimulait un bien vilain trésor: de l'ironie. Une ironie si pur, brillante, telle un cristal. Le genre d'ironie qu'elle, Eris, déesse de la discorde, se plaisait à employer pour tirer ses pauvres victimes jusque dans les bas fonds. Non, cette petite était loin d'être une fille se laissant submergée par la tristesse. Elle n'était pas de celles qui se laissaient aller à la facilité en attendant que les choses ce fassent. Cette demoiselle prenait véritablement son avenir en main, et possédait en ses cordes un joyau que peu avait le privilège d'avoir. Un esprit manipulateur, un sens du jeu théâtrale, surement acquis par des années de souffrances, un passé torturé. Non, cette petite n'était pas pâle, elle brillait! Après tout, elle avait réussi à berner Eris. Ce fait constituait à lui seul l'unique preuve que cette enfant était un génie!

Soudain, un rire s'éleva, et s'il la déesse n'en avait pas été une, elle aurait sursauté.


- Fin de la mascarade... Ravie de te rencontrer, j’avoue ne pas avoir eu beaucoup d’occasions de rencontrer de pareilles divinités…

Sincérité ou flatterie, une chose était sûre: la jeune fille cherchait à flatter son égaux.  Un égaux si surdimensionné qu'il était, à vrai dire, aisé de le flatter. Et, avec tout l'orgueil qu'elle parvint à faire naître chez la déesse, elle réussit à faire savoir à cette dernière qu'elle ne jouait plus. Ou peut être jouait-elle encore, qui savait. Un rôle dans un rôle, un masque sur un masque. Les possibilités de jeux étaient infinis. Elles étaient telles, à vrai dire, qu'à la fin, on ne savait plus, que l'on soit le trompeur ou le trompé, qui était qui.
Car au final, à force de jouer, on finissait pas ne plus sortir du jeu... C'est comme ça que l'on se perdait, qu'on perdait celui qu'on était...

En ce qui concernait Eris, sa vie entière était un jeu. Elle même n'était pas certaine qu'au fond, il y ait seulement eu une Eris. Son essence, son "elle" n'avait jamais était ni plus ni moins qu'un rôle. Depuis ça plus petite enfance, elle avait apprit l'art de la comédie, elle avait fait de son monde une scène, de son entourage, des pantins. Pendant les millénaires que représentaient son existence, elle s'était amusée à changer de masque, rentrant parfois dans la peau d'une gentille fille bien sage, parfois dans la peau de la manipulatrice. Mais au final, derrière le masque, y avait-il vraiment un visage?
Eris s'était déjà posée la question. Renier le fait qu'elle n'ait pas sa propre personnalité lui déplaisait au plus haut point. Elle préférait se conforter dans l'idée que chaque rôle, chaque jeu, chaque personnage faisait partie d'elle. Au final, Eris n'était ni plus ni moins qu'un arbre. Un arbre portant au bout de chacune de ses branches un visage différent.


- Je suis sûre que la déesse de la discorde n’ignore rien de ce qui se passe de mauvais à la Cité, et donc de toute cette histoire insignifiante.

Qu'elle perspicacité. Décidément, cette fille lui plaisait! Elle n'était pas seulement mauvaise, elle était perfide, subtile, et cela n'était pas donné à tous les viles. Finalement, peut être que la déesse allait lui réserver une place de choix dans cet échiquiers. Peut être ne la mènerait-elle pas au chaos, au néant. Non, elle ne s'attachait nullement à cette pauvre humaine. Mais elle se doutait bien que cette petite chose allait devenir sous peu son jouet favoris. Et puis, peut-être qu'avec le temps, Leona finirait par lui vouer ce même amour que lui vouaient ses fidèles. Un amour démesuré, irréfléchi, mais au combien délectable pour la déesse. Difficile à obtenir venant d'une si farouche jeune femme, certes, mais néanmoins accessible... Et puis ça serait tellement ironique... La marionnette qui se retourne vers son créateur...
Mais pour l'instant, le tout était de savoir si elle pourrait l'employer à sa convenance. Et pour cela, la perfide créature décida d'user de la sincérité. Auprès d'une fille si lucide, mentir ne servait à rien...

-Tu es perspicace ma petite. Très perspicace... Sache que ce n'est pas donné à tout le monde... Oui, je sais tout, de l'arrivée de ta mère à la rage qui t'habites. Du moins, il est aisé de deviner cette dernière...

Un silence s'installa. Pourtant il n'était pas de ces silences lourds et pesant de ceux qui n'ont rien à dire. Non, cet instant de calme était aussi gorgé de sens que les mots eux même. C'était la preuve que Leona prenait conscience de ce que désirait la déesse, désir que la déesse confirmait par un même silence.

- Je pense pouvoir affirmer sans me tromper que nous avons des intérêts communs, déesse à la voix doucereuse…

Un sourire éclaira le visage d'Eris. Enfin, cette petite comprenait. Peu de gens auraient pu en faire de même... Comment la placer au rang de simple pion, cette gamine était une mine d'or! Non, sur l'échiquier, elle aurait une place bien plus importante. Elle serait à ses côtés, partageant ses idées, lui donnant l'inspiration, les idées, vérifierait tout...
Sur l'échiquier, elle serait le fou....


-Hellenos n'a que trop longtemps goûté à la paix et au bonheur...

La déesse réfléchît un instant. Il lui fallait un plan, un plan subtile pour semer la zizanie de l’intérieur... Le genre de plan qui, a partir de rien, ferait tout naître. Un plan qui pourrait avoir comme acteur principal un seul rôle: Le genre de personnage portant le doux nom de Leona. Elle n'avait pas encore d'idées précises, mais de vagues éclairs d'inspirations fusaient dans son esprit...

-Il faudrait d'abord que la rancœur s'installe dans le coeur de certains... Puis que ce râle grandisse, jusqu'à enfler. Elle éclabousserait la gloire des dieux, ferait naître la rage dans les esprits. Et tous, ennemis comme amis de la cité, se retournerait contre les dieux et les partisans...

Elle réapparu près de la jeune fille, le regard dans le vague, l'esprit en proie à une profonde réflexion.

-Mais comment faire naître cette rancœur... Comment parvenir à faire grandir la haine à partir de simples actes.

Elle songea de nouveau à la pomme, cette somptueuse pomme en or qu'elle avait lancé sur la table du banquet. Si seulement elle pouvait avoir une idée similaire.
Si seulement l'inspiration pouvait inonder son âme.

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