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 Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]

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Calypso
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MessageSujet: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mar 15 Avr - 23:00

♣Sagesse, vole au secours de l'enfant blême...♣
Calypso/ Athéna


La solitude, cette amie qui lui était si chère. Cette solitude qui du statut de contrainte était devenu un véritable désir... Ce jour ci, alors que quelques nuages parsemaient le ciel, cette vieille compagne avait prit la main de Calypso et l'avait amenée loin du monde. Au lac des sirènes, quelques heures plus tôt, la berge s'était retrouvée couvertes des créatures enchanteresse. Pour quelle raison, ça, l'adolescente l'ignorait. Peut être faisait-elles quelques festivité, ou s'amusaient à user de leur charme sur de pauvres hommes. Le fait est que la jeune sirène n'en avait rien à faire. Il y avait beaucoup trop de monde, dans ce coin où elle aimait se réfugier de temps en temps. Alors, contrairement à toute jeune fille de son âge, elle avait préféré partir le plus loin possible. S'éloigner, rien de plus...

Ses pas l'avaient menée vers une forêt bordant Hellenos. Ses pieds nus foulaient alors le sol, caressant l'herbe verte de leur plante. Elle ne souciait guère du chemin qu'elle empruntait, elle désirait juste être seule. Pourtant, la crainte aurait du l'amener à marcher avec un tant soit peu de prudence. Après tout, il y a une semaine de cela, elle s'était retrouvée perdue dans une forêt similaire, en compagnie d'une sirène nommée Caphira. Et les deux savaient qu'elles avaient bien du mal à en sortir. Mais aujourd'hui, c'était différent. Elle savait à peu près où se trouvait Hellenos vis à vis d'elle, et l'astre du jour atteignait à peine son apogée. Une douce brise la fit frissonner. Après tout, sa tenue était des plus légère. Une tunique d'un bleu pâle descendait sur ses cuisses, s'arrêtait en leur milieu et était freinée dans sa chute par une ceinture de cuivre, au niveau de son ventre. Elle remontait sur ses épaule, lâche au niveau de sa poitrine, et une bande de ce tissus léger tombait sur son omoplate droite, tel une cape, un ruisseau irréel flottant dans le vent.

En cette journée, elle avait prit soin de coiffer ses cheveux en une tresse large, basse, lâche. On pouvait se demander d'où venait une telle coquetterie. Après tout, cette jeune fille était une Hermite dans l'âme. Et bien, il se trouvait que parmi tout ses attraits, Calypso n'en estimait qu'un seul: sa chevelure. Douce, parcourue de milles reflets, bouclée comme les vagues fendant l'océan, cette cascade bleutée était sans nul doute le plus beau atout de la jeune fille. Et en temps que tel, cette dernière se plaisait à en prendre grand soin, pas pour les autres, non, mais bel et bien pour elle...

Enfin, ses jambes la menèrent à une jolie clairière. Petite, une petite rivière la traversait, et la sirène fut irrémédiablement attirée par le doux clapotis qui s'en échappait. Elle s’essaya donc à ses côtés, fermant les yeux, laissant le soleil lécher son visage et le doux son parvenir à ses oreilles. Ce bruit, le bruit de l'eau qui coulait... Il n'y avait rien de plus apaisant pour la jeune fille. De tout ceux qu'elle avait pu entendre, il était sans conteste celui qu'elle aimait le plus. Car il laissait une douce brise éclater dans son coeur, une liberté s'emparer de ses membre, et une expression apparaître sur son visage que peu de gens avaient pu voir: une expression paisible. Elle s'allongea sur le ventre, les yeux fermés, la tête appuyée sur ses mains, elles-mêmes appuyée sur ses coudes. Ses paupières s'ouvrirent alors et laissèrent à ses prunelles un bien jolie spectacle:un tapis de fleurs reposant juste sous son nez. De ses mains aux doigts fins, elle s'en empara et la fit tournoyer sous ses narines. Elle huma alors le doux parfum, nectar qui lui donna une idée!

Un sourire doux flottant sous ses lèvres, elle cueillit quelques brins d'herbes qu'elle tissa, et quand elle eut obtenu un semblant de cordon assez long, elle cueillit quelque fleur. Choisissant avec soin l'emplacement de chacune d'elle, elle entremêla les tiges, les nouant avec sa tresse de brins. Enfin, après une dizaine de minute de labeur, elle avait entre ses mains une belle couronne de fleur. Raffinée, sans défaut, la sirène se perdit dans son propre chef d'oeuvre. Oui, elle aimait ce qui était beau, et elle l'aimait d'autant plus quand il était confectionné par elle même... mais elle ne l’appréciait pas pour être admiré des autres, non. Pour la même raison que pour ses cheveux, c'était un art qu'elle gardait jalousement pour elle, sans le partager. De toute façon, cela faisait quelques temps qu'elle ne partageait plus rien...

Regagnant la réalité, la jeune sirène rompit la belle vision qu'était cette couronne née de ses propres mains pour la déposer sur sa toison azur. S'appuyant sur ses bras, elle ferma de nouveau les yeux se délectant de la brise sur sa peau rosée. Soudain, elle sentit que les rayons du soleil ne parvenait plus à atteindre son épiderme. Il devait y avoir quelques nuages. Pour confirmer cette hypothèse, la belle ouvrit ses yeux et se tourna vers l'astre pour voir si un monticule de coton barrait le chemin de ses rayons.
Là, un cri s’échappa de la gorge de Calypso...

C'était une chimère gigantesque qui lui faisait tant d'ombre...

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Athéna
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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Ven 18 Avr - 15:09

Une brise légère pénétrait dans la pièce depuis le matin. Des rayons de soleil léchaient le sol en marbre blanc, les colonnes et le visage de la déesse, paisiblement allongée sur les draps de son lit. Les yeux fermés, elle se laissait baigner dans cette atmosphère calme et silencieuse depuis son réveil. Bien des devoirs l'attendaient, elle le savait, mais une fois n'étant pas coutume, elle décida de se laisser aller à un moment du pure paresse.

L'Olympe se faisait calme depuis quelques temps. Cependant, elle entendait le murmure d'Héllenos, pleine de vie, qui ne cessait de parvenir à ses oreilles, comme lui demandant enfin un peu d'attention. En y réfléchissant bien, cela faisait un moment que la jeune femme n'était pas descendue parmi ses protégés. Il serait temps qu'elle y regarde de plus près.

Décidée,  Athéna posa un pied sur le sol, le retirant aussitôt, surprise par la fraîcheur du marbre. Dans un grognement, elle finit par se lever bien à contrecœur et fit les quelques pas qui la séparait de la psyché. Son reflet dans le miroir la fit reculer de un pas. Jamais elle ne s'était retrouvée dans un état pareil ! Les cheveux en désordre, les yeux à demi fermés et sa tunique froissée comme jamais elle ne l'avait été. Plus d'un auraient été surpris en la voyant ainsi, elle qui faisait toujours attention à sa présentation, sans pour autant être aussi pointilleuse qu'Aphrodite.

Se détachant de son reflet, la jeune femme enfila une tunique rouge flamme aux manches longues qui découvre ses épaules, ornée de minuscules pierres rouges elles aussi. Puis elle mît de l'ordre dans ses cheveux noirs, les rendant aussi soyeux que d'ordinaire, les rassembla négligemment en haut de son crâne et les attacha à l'aide d'une pince en nacre. A présent réveillée, elle affichait le même visage que d'habitude, emplit de calme.

Fin prête, la déesse descendit pieds nus les escaliers qui la mèneraient vers la sortie de la demeure. En y pensant, elle n'avait pas vu sa sœur Artémis depuis quelques temps maintenant. La connaissant, elle la trouverait sûrement au terrain de chasse, peut-être même avec Atalante, ce jeune humain dont elle était tombée amoureuse.
Sortant de l'Olympe, elle se rendit donc vers le terrain de prédilection de sa sœur, toujours baignée dans cette agréable lumière de fin de matinée.

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Calypso
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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Sam 19 Avr - 16:50

Jamais Calypso n'avait vu pareille créature.
Gigantesque, elle faisait bien une tête de plus que la sirène quand elle était debout. Son corps était celui d'un lion, massif, d'imposants muscles déformant sa peau. Ses pattes massives et griffues se contractaient et s'enfonçaient dans le sol. Sa tête, face de lion enragé, pouvait d'un coup de gueule avaler celle de la pauvre enfant. Sa bouche était contracté en un rictus enragés, laissant paraître d'imposants crocs de la taille de la main de l'enfant. Mais plus effrayants encore étaient les yeux luisant de la bête, d'un jaune si vif qu'il éblouissait la jeune, fille, d'un regard si sanguinaire et sauvage qu'il lui glaçait le sang. D'immenses cornes se dressaient sur son crâne, un serpent terminait sa colonne vertébrale, remplaçant sa queue, fouettant sauvagement l'air.

Ses yeux écarquillés trahissant son horreur, la bouche de l'adolescente était grande ouverte, mais ne laissait plus rien passer. Aucun son ne fit vibrer ses cordes vocales. Elle demeurait ainsi, retournée, pétrifiée par la bête. Ce fut comme si son cœur avait cessé de battre; comme si son cerveau avait cessé de fonctionner. Plus aucune sensation, plus aucune pensée, il n'y avait plus que le monstre...
Un serpent fusant l'air la sortit de sa léthargie. Comme immergeant de l'eau, elle reprit une brusque respiration et recula. Tremblante, elle tenta de se relever, ses pieds glissant sur l'herbe, les prunelles rivées sur la créature. Alors, la bête lâcha un hurlement laissant trembler les arbres et s'envoler les oiseaux. Ce cri fut un signal de départ pour Calypso qui se tourna et se mit à courir.

Glissant, s'écorchant les genoux, elle sentait que la créature s'était mise à sa poursuite. Son coeur battait alors à tout rompre, et elle poussa un cri d'horreur alors qu'elle sentait les pas lourds se rapprocher d'elle. Elle atteignit la forêt et tourna immédiatement, se jetant à corps perdu dans une course qui semblait vouée à l’échec d'avance. Elle allait mourir, c'était une évidence. Pourtant elle continuait de courir, les branches taillant de profonds sillons rouges dans ses bras, s’emmêlant dans ses cheveux jusqu'à les arracher. Telle une biche apeurée, elle tournait de temps à autre, haletant, respirant bruyamment. Puis elle n'entendit plus le fracas des pattes de l'animal sur le sol. Alors elle s'arrêta, tremblante, et jeta un regard sur son épaule. Le monstre avançait dans une autre direction, comme s'il l'avait perdue de vue.

Seulement la bête tourna subitement sa tête vers elle, lui bondissant dessus. Un autre cri lui déchira la gorge et la jeune fille se tourna de nouveau pour courir. Seulement une griffure entailla profondément son bras, lui arrachant un hurlement sonore. Elle se pencha alors, glissa sous une racine géante, évitant ainsi un autre coup fatal. Oubliant la douleur, elle laissa la peur guider ses jambes et continua sa course effrénée. Yeux écarquillés, elle hurlait à s'en déchiqueter les cordes vocales, elle hurlait des "au secours", des "à l'aide". Mais personne ne venait. Des larmes commencèrent à envahir ses yeux tandis que chacun de ses muscles se faisaient douloureux. Elle finit par chuter, et s'écrasa contre le sol, s'écorchant les mains, la collision vidant ses poumons de tout leur air. Tremblante, elle se retourna lentement, les joues ravagées par les larmes, une expression d'horreur figée sur son visage. Gémissante et tenant son bras blessé, elle jeta un regard luisant de désespoir à la créature.

Elle allait mourir... c'était inéluctable...

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mar 6 Mai - 17:22

Arrivant à l'orée de la forêt, la déesse contempla le paysage derrière elle. On pouvait aisément apercevoir les remparts de la cité, dont les portes étaient pour l'heure grandes ouvertes et par lesquelles circulaient les habitants, les voyageurs et les marchands. D'ici quelques heures, les villageois rentreront chez eux, et lorsque la route principale sera déserte, les sentinelles feront signe aux gardes, qui rabatteront les deux énormes pans de bois sculptés décorés de fer forgé, et la cité s'endormira, jusqu'au lever de soleil du lendemain.
Bien qu'elle ne les perçoive pas, Athéna devina en fermant les yeux les murmures qui devaient monter de ces murs, les voix fortes des marchands attirants leurs clients, les pas des soldats faisant leur ronde qui résonnaient sur la pierre. Et quelque part, dans la ville et ses alentours, ses frères et soeurs, les autres dieux qui comme elle, veillaient à l'équilibre de ce monde.

Le vent s'était mis à souffler plus fort depuis que la jeune femme était descendue, mais elle n'aperçut aucun nuage dans le ciel. une douce chaleur effleurait ses épaules lorsqu'elle pénétra dans les bois du terrain de chasse, espérant y trouver sa soeur. Bien que la cherchant, Athéna profita néanmoins du calme et de la beauté de ce qui l'entourait. Les couleurs chatoyantes des fleurs, les nuances de vert dans les arbres lorsqu'elle levait les yeux, les animaux qui passaient près d'elle, sans pour autant s'enfuir. Ainsi, elle aperçut une biche, pure et belle, veillant sur son petit. La bête leva la tête vers la déesse, mais ne sembla pas s'inquiéter de sa présence, et reporta son attention sur le faon.

La jeune femme continua son chemin, bercée par le murmure du vent dans les feuilles des arbres et le chant de quelques oiseaux, lointain, qui fut soudain interrompu par un cri d'horreur qui lui glaça le sang. Par Zeus, qui pouvait bien hurler ainsi ? sans perdre de temps, Athéna se dirigea en courant vers les cris qui ne cessaient. au contraire, ils devenaient déchirants, et s'amplifiaient tandis qu'elle avançait.

Soudain, La déesse l'aperçut. D'abord, la créature, debout sur ses deux pattes arrières, se dressant, menaçante, devant une jeune femme aux cheveux bleus. C'est le premier détail que releva Athéna. La fille de Typhon et d'Echidna semblait déterminée à s'en prendre à la jeune créature effondrée à ses pieds. Enjambant les racines, Athéna se posta entre la chimère et sa proie, faisant apparaître une longue épée dans sa main, qu'elle pointa vers sa créature.

- Tu sais que ces terres sont sous ma protection, Chimère ! Le visage de la jeune femme n'avait plus rien de calme. Une rage sourde brillait dans ses yeux, qu'elle tenta de maîtriser tant bien que mal. Ta place n'est pas ici. Vas t'en !

Sa voix était forte, aussi forte que la puissance qui émanait d'elle à ce moment précis. Elle se serait jetée sur la bête si elle n'avait pas conscience de son désavantage. Elle connaissait bien la force de la créature et était certaine de ne pas gagner cette bataille. Mécontente et crachant, la chimère s'affaissa, revenant à quatre pattes, et fit demi-tour, non sans jeter un regard plein de haine à la déesse. Celle-ci fit disparaître son arme en se promettant de garder un oeil sur la chimère, jusqu'à ce qu'elle aie quitté ses terres. Apaisée, Athéna se tourna vers la pauvre créature, et s'aperçut qu'elle s'était évanouie. Elle s'assit alors à ses côtés et attendit patiemment qu'elle reprenne conscience.

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mer 7 Mai - 18:48

Il y a de nombreuses manières d'exprimer la peur. Certains se figent. Ceux là, pétrifiés, subisse un blocage de leur esprit. Tremblant, tout leur corps devient de pierre, et en leur sein, même le coeur ne semble plus battre. Ne pensant plus, n'agissant plus, ces gens là sont abandonnés de tout, que ce soit la réflexion ou même l'instinct. Comme chassés par la peur, ses derniers laissent place au vide.
Autre réaction possible, et probablement la plus rare: la violence. Certaines personnes, face à l'impression de danger, à la terreur, adoptent des réflexes terriblement dangereux. Frappant tout, griffant tout, il n'y plus de frontière entre le bien et le mal, plus de barrière entre ennemis et alliés. Tout devient cible, tout doit être anéanti. Ceux-là ne sont pas forcément fous, mais des plus terrifiants quand la peur enlisait la raison.
Enfin, il y a la fuite....

La fuite. C'était peut être la réaction la plus étendue, chez les mortels du moins. Prendre ses jambes à son coups, l'esprit criant l'alerte, la gorge aussi, quoi de plus normal quand on est face à une chimère faisant deux fois sa taille? La peur par la fuite, c'était l'adrénaline circulant dans les veines, insufflant aux muscles un seul ordre: courir. C'était le temps qui se fige, alors que l'instinct animal prenait le dessus sur la pensée, et que l'action laissait la réflexion dans l'ombre. Fuir, fuir le danger, fuir la chimère, courir pour sa vie. Seulement parfois, la fuite corporelle ne suffisait pas. Après tout, une chimère courrait vite. Avec un bras blessé, il semblait compromis de lui échapper... Là, quand une nouvelle couche de peur s'ajoutait à la première, quand la terreur devenait plus intense, un autre type de fuite entrait en scène...
L’évanouissement.

Quitte à fuir quand on sait qu'on va mourir, autant fuir le monde réel. Ainsi, fuyant la mort, une sirène était tombée dans les bras de Morphée, évitant ainsi la douleur, la vision de la fin. Un dur sommeil sans rêve, sans mirage, s'empara d'elle, transe durant laquelle le temps ne sembla plus de mise. Une heure, quelques minutes, une journée, le temps défilait, revenait en arrière, faisait un bond en avant, puis revenait à sa forme originelle. Finalement, son sommeil se fit plus calme, et des images plus douces apparurent... Des fleurs se pliant au caprices du vents, décrivant une danse gracieuse. Des brins d'herbes se courbaient, approchaient leur pointe du sol puis se redressaient doucement avant de fouetter l'air. Des plantes. Un ciel bleu. Un soleil. Du vent. Une ombre. Des yeux jaunes et luisants. Une pattes fusant vers elle.

Un cri s'échappa de sa gorge et elle se redressa en sursaut, le front trempé de sueur. Ses yeux écarquillés se plantèrent dans le sol, sans le quitter, tandis que la pauvre enfant reprenait sa respiration. Des tremblements s'emparèrent de ses muscles, tandis que sa conscience redevenait sienne. La chimère... Elle ne l'avait pas...? Caplypso ne devrait-elle pas déjà être...
Son visage horrifié se redressa brusquement, et ses prunelles jetèrent de vifs regards alarmés partout autour d'elle. Haletante, ne parvenant à se calmer, la sirène chercher de ses yeux larmoyant et terrorisés la trace de ce qui aurait dû causer sa mort. Une tâche rouge dans son champ de vision la fit sursauter, et elle tourna vivement la tête, rampant pour s'éloigner de cette présence inconnue.
Là, ses perles azurs virent une femme. Encore sous le choc, elle n'eut le temps de la détailler. Son sang ne fit qu'un tour que ses bras se plaçaient devant elle, faible bouclier, douloureux à cause de la plaie béante qui s'y trouvait.

-Q-q-qui êtes v-vous?! Je... vous ne...

Elle baissa la tête, fermant les yeux, gémissant, tremblant, craignant de nouveau la mort.

-Ne... ne me faîtes p-p-pas de mal... je vous en prie... murmura-t-elle.


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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Lun 14 Sep - 0:22

De longues minutes s'écoulèrent, durant lesquelles Athéna scruta les alentours à l'aide de ses sens, cherchant à repérer la Chimère, ainsi que l'endroit où elle semblait se diriger. Bientôt, elle franchit les frontières d'Héllenos, rassurant la déesse. * Je devrais tout de même me méfier, il pourrait lui prendre l'envie de revenir n'importe quand *. Puis elle contempla le visage de la jeune rescapée. Elle était agitée, revivant probablement l'horrible scène dont elle avait été l'actrice. Elle l'observa, d'abord calme, remuant de plus en plus au fil des minutes. La sueur se mît à perler sur son front, avant que les gouttelettes ne coulent le long de la lisière de ses cheveux, finissant leur course dans sa nuque. C'est à cet instant que la jeune inconnue se releva, si brusquement que la déesse sursauta de surprise, avant de se ressaisir.

L'apercevant enfin, la jeune fille recula le plus loin possible. La pauvre ne s'était pas encore remise du choc qu'elle avait subit, et tous ses sens devaient être en ébullition. Elle avait les yeux écarquillés, le souffle court, et projetait ses bras dégoulinant de sang devant elle, espérant se protéger du danger que la jeune femme représentait à ses yeux. La déesse resta sans bouger pendant un moment, la laissant reprendre peu à peu ses esprits, se familiariser avec l'endroit où elle se trouvait, et surtout s'adapter à sa présence, se rendre compte qu'elle n'avait pas à avoir peur. Ce n'est que lorsqu'elle ouvrit la bouche pour parler, qu'Athéna se rendit compte qu'elle était encore terrorisée, et n'arrivait pas à se calmer malgré la disparition de la bête.


-Q-q-qui êtes v-vous?! Je... vous ne...Ne... ne me faîtes p-p-pas de mal... je vous en prie...

- Rassure-toi, je suis ici pour t'aider,
dit doucement la déesse. Tu n'as pas à avoir peur de moi.

Se relevant sans geste brusque, elle s'approcha une nouvelle fois de la jeune fille aux cheveux bleus, tentant de l'apaiser par un égard doux et un sourire amical. Ce qui n'avait franchement pas l'air de la rassurer plus que cela. Elle s'agenouilla une nouvelle fois près de l'inconnue, posant les mains sur ses bras pour la forcer à les baisser. Remarquant la profondeur de la plaie, Athéna arracha un pan de sa robe, qu'elle passa autour de la blessure, en faisant un bandage rudimentaire. La déesse n'était pas une grande guérisseuse, mais elle appliqua lentement sa main au dessus du pansement, tentant grâce à ses pouvoirs de refermer un minimum la plaie et de soulager la douleur. Puis elle lâcha le bras de son inconnue et, bien que restant proche d'elle, maintint une certaine distance pour ne pas l'effrayer d'avantage.

- Tu vois, tu n'as rien à craindre de moi. je me nomme Athéna. Dis moi quelque chose, n'importe quoi, mais montre moi que tu vas bien.

L'inquiétude se lisait maintenant sur le visage de la déesse, elle pouvait le sentir. Elle qui était rarement inquiète, préférant le raisonnement et la logique pour régler tout problème et se laissant rarement submerger par ses émotions, elle ne pouvait pour le moment rien faire de plus pour l'adolescente, si ce n'est patienter, attendre qu'elle se calme d'elle même. Cette impuissance la rendait presque folle. La jeune femme détestait perdre son calme. Elle était d'ailleurs réputée pour être réfléchie, posée. Elle ne prenait aucune décision à la légère. Mais aucune décision ne pouvait être prise en cet instant, il n'y avait rien à réfléchir. C'était une situation qui pouvait vite la dépasser, si la jeune fille se révélait réfractaire à toute aide, violente et agressive. Athéna ne souhaitait pas recourir à la violence, elle ne le souhaitait jamais. Mais parfois, la situation ne lui laissait aucun choix. Elle espérait néanmoins, et avec de l'espoir, qu'elle n'aurait pas besoin d'employer la force pour calmer son inconnue.

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Sam 19 Sep - 21:44

La dame possédait un beau visage. Doux, adulte, féminin, il possédait aussi une grâce et une maturité frappante. Mais l’absence d’imperfections de son épiderme, sa teinte uniforme le rendait également inquiétant. Il semblait si peu humain, songea la jeune sirène.

- Rassure-toi, je suis ici pour t'aider. Tu n'as pas à avoir peur de moi.

La jeune sirène l’avisa un moment, le rythme de son cœur ralentissant doucement. Sa respiration reprit une allure normale, et son esprit à vif baissa sa garde. Peu à peu rassurée, ses prunelles la parcoururent de la tête au pied. Son allure même transpirait la noblesse. Lentement, ses pensées semblèrent se remettre en marche. Qui était cette personne ? Calypso dormait-elle depuis longtemps ? Et la chimère… Où était-elle ? La dame s’approcha d’elle, et la sirène s’éloigna un peu, méfiante. Pourtant, la note amicalement sereine luisant au font des pupilles de la dame l’incitaient avec brio à accorder sa confiance. La jeune femme s’accroupit, arrachant un pan de sa robe, et pansa avec précaution la plaie de la jeune Calypso. La sirène suivit ses mains du regard, et sursauta à la vue de la plaie ensanglantée. Dieu, comment c’était-elle fait cela ? Des souvenirs immergèrent des méandres de sa mémoire, la faisant tressaillir. Elle se souvint des griffes énormes de la chimère, marquant sa peau d’une zébrure ensanglantée. Le souvenir se fit plus vif encore quand le tissu entra en contact avec la plaie, lui arrachant un petit gémissement plaintif. La blessure fut comme un pique de douleur se propageant dans son bras, en profondeur. Mais la jeune sirène, rouvrant ses yeux, tantôt clos par la souffrance, remarqua que la main de la dame se trouvait sur le bandage. Et la douleur s’estompa peu à peu, l’état de sa chair semblant se stabiliser. De ses mirettes effarées, la belle andouille leva un regard interrogateur à l’inconnue qui s’éloignait déjà.

- Tu vois, tu n'as rien à craindre de moi. je me nomme Athéna. Dis moi quelque chose, n'importe quoi, mais montre moi que tu vas bien.

Athena ? La déesse de la sagesse? Calypso n’en revint pas. Son destin avait ainsi été épargné par l’un des membres du panthéon. La mine de la divinité se fit inquiète, et la sirène devina cette crainte sincère. Elle chercha à répondre, mais elle sentit sa force fuir. Ses cordes vocales lui semblèrent tout d’un coup bien molles. Elle ne parvint à se raisonner, et à sortir le moindre son. L’horreur de l’instant l’avait bel et bien quittée, mais le choc était encore présent, bien ancrée dans sa poitrine. Ainsi, elle ne parvenait à s’exprimer, muette de par la frayeur qui l'avait tant secouée. Elle leva un regard vers la déesse, et se contenta d’hocher la tête, l’air toujours ébahi, mais les yeux plus surs. Oui, elle allait bien... Et les bons soins de la déesse n'y étaient pas pour rien. Mais malgré la surprise et l’incompréhension campées dans ses mirettes, la peur, elle, s’était évaporée, bien qu’on en décelait quelques traces. La frayeur ressurgit alors. Calypso était-elle réellement en sureté ? La sirène balaya les alentours de son regard apeuré. Puis ses yeux vinrent de nouveau se poser sur ceux de la déesse, interrogateurs, comme formulant une question silencieuse. La chimère ? Que lui était-il arrivé ? Etait-elle partie ?

L’esprit agité et flou l’empêchait d’organiser ses pensées avec clarté. Tout se mêlait : souvenirs, questionnements, gratitude, incompréhension. Chaque pensée en bousculait une autre, certaines ne s’achevaient même pas que d’autres les chevauchaient sans remord. Mais la sirène n’eut nullement le temps de démêler ces noueux cordages, car de son ventre, on entendit un gargouillement plaintif. La douleur, la peur et la curiosité avaient balayé de l’esprit de la sirène une vieille comparse : la faim. Et celle-ci était de ces faims dévorantes, presque douloureuses, s’imposant sans qu’on ne puisse rien y faire. A l’entente des plaintes de son estomac, la sirène n’eut nulle autre réaction que de rougir. Une déesse la sauvait, et face à tant de prestance, son ventre laissait échapper un bruit disgracieux. Son esprit avait beau être embrouillé, Calypso n'en captait pas moins la note honteuse de la situation. Elle espéra qu'Athena ne lui en tiendrait pas rigueur.  

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mer 18 Mai - 19:58

Au regard de la jeune fille, Athéna comprit que son nom ne lui était pas inconnu. C’était d’ailleurs rarement le cas. De tous les dieux de l’Olympe, elle était de ceux qui se préoccupaient le plus des âmes d’Héllenos. Du moins tant qu’elles vivaient. Et même après, la jeune femme rendait souvent visite à son oncle, Hadès, pour s’assurer de la qualité de son travail. Bien qu’il soit souvent brusque, et très remonté contre son frère, il n’était pas du genre à bâcler sa tâche. Elle passait tellement de temps dans la cité et ses alentours que parfois, laissant son esprit vagabonder, il lui arrivait de se sentir presque humaine, oubliant ses responsabilités, son rôle au sommet de l’Olympe. Elle aimait se fondre dans la masse, faire des rencontres. Elle ne cachait jamais son identité, du moins ça ne lui était encore jamais arrivé.

Un bruit étrange la fit émerger de ses pensées, et elle reporta son regard sur la jeune femme en face d’elle. Elle mit un instant avant de comprendre la provenance de ce son, et se surprit à sourire lorsque les joues de l’inconnue rougirent. La délaissant quelques instants, la déesse se leva et, apercevant un buisson à deux pas de là, cueillit quelques baies au creux de sa main. Doucement, dans l’intérêt de ne pas faire fuir l’étrangère, elle revint près d’elle et lui tendit les baies, d’un rouge appétissant. Pour prouver sa bonne foi, ne sachant nullement si sa compagne de l’instant s’y connaissait en poison, elle en gouttât une, espérant gagner un peu plus sa confiance.


- Ce n’est qu’une maigre pitance, mais j’espère qu’elle te calera assez l’estomac pour que tu retrouves la parole.

Elle voulait son sourire apaisant, mais ne parvenait pas à déchiffrer les expressions qui se succédaient sur le visage auréolé de bleu. Était-ce la frayeur qui subsistait de l’attaque du monstre, le soulagement de se découvrir en vie, ou bien l’appréhension face à un visage si peu familier ? Elle n’aurait pas su le dire.

Puis-je connaître ton nom ? Il me semble que c’est la moindre des choses, puisque tu connais le mien. Je me promène souvent dans ces bois, et pourtant c’est la première fois que je t’y vois.

La luminosité changeante faisait danser des reflets bleutés autour des deux jeunes femmes, comme enveloppées dans un halo surnaturel et coupées du reste du monde. Malgré l’heure avancée, Athéna ressentait le temps autour d’elle qui ne cessait de ralentir, presque jusqu’à se figer, les emprisonnant toutes deux dans un univers coupé du reste du reste du monde. Elle pourrait rester ainsi indéfiniment.

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Calypso
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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Lun 27 Juin - 20:13

La déesse posa son regard sur elle. Elle ne sembla pas la juger, chose qui soulagea la sirène. Mais, sous les yeux désespérés de Calypso, la divinité sembla s’en aller. « Ne partez pas !» disaient les mirettes de la jeune sirène. Elle ne voulait pas se retrouver seule, pas de nouveau. Seulement ses jambes encore fébriles ne purent la relever. Heureusement pour elle, sa protectrice revint, les mains chargées de baies à l’aspect délicieux. Athéna en prit une, qu’elle gouta. La demoiselle toujours silencieuse la regarda avec envie. Alors c’était vraiment… pour elle ? Qu’est-ce qui pouvait amener une personne d’une telle personne à l’aider ainsi ? Désirait-elle quelque chose ? Où était-ce purement par gentillesse ? Bien que Calypso fût séduite par la dernière option, elle avait bien du mal à y croire…

- Ce n’est qu’une maigre pitance, mais j’espère qu’elle te calera assez l’estomac pour que tu retrouves la parole.

La demoiselle hocha la tête et saisit quelques bais avec précaution. Les tenant au creux de sa main droite, elle en saisit une, quelle porta fébrilement à sa bouche. Elle sentit la peau du fruit céder sous sa dent, déversant son jus sur sa langue. Elle mâcha un peu, se délectant de la saveur sucrée et rafraîchissante du fruit. Si délicieux. Elle finit par délaisser sa sauveuse au profit des quelques bais qu’elle lui avait apporté.

- Puis-je connaître ton nom ? Il me semble que c’est la moindre des choses, puisque tu connais le mien. Je me promène souvent dans ces bois, et pourtant c’est la première fois que je t’y vois.

La demoiselle ne répondit pas. Pire, elle l’ignora totalement. Quelque chose n’allait pas, et cette révélation agrandit ses yeux. Elle se rendit compte qu’elle avait la gorge très sèche… et que sa peau commençait à l’être aussi. Combien de temps avait-elle dormi ? Elle allait devoir retrouver rapidement un point d’eau si elle désirait survivre. Décidément, elle avait était bien sotte de s’éloigner… Elle jeta  un regard à son bandage de fortune, prise d’un sentiment d’impuissance. Elle avait failli mourir. A quelques secondes près, elle aurait pu mourir. Quelque chose se débloqua. Brusquement, elle prit conscience de sa chance, et de la terrifiante idée qu’elle venait de frôler la mort. Sans Athéna, elle serait…. Elle serait…
Des larmes dévalèrent ses joues, et elle se replia sur elle-même, la gorge nouée. Elle ressentit instantanément une vague de reconnaissance si immense pour la déesse qu’elle en eu du mal à respirer.


-Merci… Merci… Hoqueta-t-elle.

Oui, si la déesse n’avait pas été là, elle aurait non seulement été tuée par la bête, mais pour peu qu’elle s’en soit sortie, elle serait également morte de faim… Avec un nouveau hoquet, la sirène plongea son visage dans ses mains, le corps secoué de sanglots.


-Calypso… C’est … Mon nom… … …  Merci… … Merci encore…

Il était rare de la part d’une sirène aussi fière que l’était la demoiselle de laisser ainsi couler ses larmes face à quelqu’un qu’elle connaissait à peine. S’ouvrir était rarement son fort, du moins, cela était le cas au commencement d’une relation. Mais les évènements qui étaient survenus l’avaient tellement choquée que ses barrières, ses freins n’agissaient plus. Désormais, elle était une jeune sirène, à nue, laissant à découvert ses sentiments encore trop vifs.

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mar 30 Aoû - 15:29

Patiente, Athéna observa la jeune femme tandis qu'elle se saisissait des baies, laissant peu à peu tomber ses défenses. Elle se laissa même aller à l'amusement en remarquant que les fruits avaient maintenant toute l'attention de l'inconnue, qui semblait ne pas avoir mangé depuis un certain temps. Les émotions qu'elle avait éprouvé quelques instants plus tôt ne devaient pas y être étrangers non plus, la pauvre malheureuse se remettait à peine de son agression.
Timidement d'abord, elle finit par manger les baies avec plus d'empressement, faisant sourire la déesse. Pendant un instant, elle se figura que depuis bien longtemps, elle avait perdu le goût de nombreuses choses simples, qui souvent suffisent, ou devraient suffire au bonheur des gens. Lorsqu'on est éternel, le temps ne compte pas, et les choses périssables finissent par perdre de leur valeur. Voir cette enfant déguster de simples baies lui fit chaud au cœur.

Soudain, une larme roula sur la joue de l'inconnue, rapidement suivie de nombreuses autres qui coulèrent sans discontinuer. Athéna recula, pensant avoir fait quelque chose de mal, puis comprit son erreur en entendant ses remerciements, entrecoupés de sanglots. Subissant le contrecoup de son agression, elle lui révéla enfin son nom.
Se voulant maternelle, la déesse s'approcha doucement et enlaça les épaules de la jeune fille. A son contact, elle entrevit tout de suite sa véritable nature. En tant que protectrice de la cité, elle se devait d'avoir connaissance de chaque race vivant sur son territoire. Elle fut même étonnée de ne pas avoir sentit plus tôt l'essence si reconnaissable des sirènes chez Calypso.

Passant sa main dans les cheveux bleutés, elle se contenta de la bercer, tentant de stopper ses pleurs. Mais rien n'y fit. Alors elle lui prit le menton pour la forcer à la regarder.


- Allons cesse de pleurer ou tu n'auras plus une goutte d'eau, et tu sais que ta nature ne te le permet pas. Lève-toi et accompagne moi, nous allons tenter de trouver un point d'eau où tu pourras te ressourcer.

Disant cela, Athéna se releva et tendit ses mains à la jeune femme, attendant patiemment  qu'elle la rejoigne. Si cet endroit était le lieu favori de sa sœur Artémis, Athéna en revanche en était totalement étrangère. Une fois sa jeune compagne debout, elle lui prit gentiment le bras et glissa le sien dessous. Un instant elle ferma les yeux et tenta de se concentrer sur son environnement. Attentive à la nature qui l'entourait, elle crut percevoir le bruissement d'un cours d'eau non loin sur leur droite, mais peu sûre d'elle, elle observa la sirène, qui peu-être avait des sens plus aiguisés que la déesse.

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MessageSujet: Re: Sagesse, vole au secours de l'enfant blême... [pv Athéna]   Mar 6 Sep - 21:53

La demoiselle sursauta au contact de la déesse. Mais, à peine eut-elle identifié la nature de son geste –une étreinte, comme elle n’en avait pas eu depuis longtemps- qu’elle se détendit. La peau de la déesse frôlait la sienne, tel un morceau d’étoffe caressant la peau, doux et irréel. Cette sensation, réconfortante et chaleureuse, acheva de calmer la jeune sirène, dont l’esprit se teintait progressivement de lucidité. Ce fut comme reprendre conscience après un long sommeil, ses habituelles pensées revinrent s’ancrer dans son esprit. Mais l’étreinte de la déesse eut également pour effet de faire déborder un peu plus son trop plein d’émotions. Un nouveau sanglot s’échappa de la gorge de Calypso, et cette dernière appuya sa tête sur l’épaule de la déesse, comme accablée par ses propres larmes. Et, en dépit de ses pleurs, elle sentait ses yeux sécher, comme si elle les avait maintenus ouverts trop longtemps.

Un nouveau contact, tout aussi doux, se fit sentir au niveau de ses cheveux. Athéna venait d’y passer sa main, et caressait maintenant la douce crinière aux reflets azurs. La demoiselle se fit ainsi bercée, quelques secondes durant. Pendant un instant, elle se cru de nouveau chez elle, dans les bras de sa mère. Mais la demoiselle chassa immédiatement ce souvenir à coup de pied. Elle pleurait déjà assez comme cela, en rajouter une couche n’arrangerait rien. La déesse sembla d’ailleurs décidée à stopper son chagrin, car elle mit fin au geste affectueux –au grand regret de la sirène- et lui saisit le menton.

- Allons cesse de pleurer ou tu n'auras plus une goutte d'eau, et tu sais que ta nature ne te le permet pas. Lève-toi et accompagne moi, nous allons tenter de trouver un point d'eau où tu pourras te ressourcer.

Les yeux gonflés de la sirène s’agrandirent, tels deux perles rondes aux reflets rosés.

-Comment savez-vous que… commença-t-elle, puis, après un temps, non, peu importe…

L’explication lui semblait simple : Le sang divin coulait dans les veines d’Athéna. Il n’existait aucune prouesse qui semblait hors d’atteinte des membres du Panthéon. Quelle nature fascinante, se dit la sirène. Athéna l’avait-elle choisie, son statut de déesse ? En était-elle satisfaite ? La jeune sirène se surpris à songer qu’elle serait heureuse de faire partie de  ces divinités, si puissantes, si uniques. Elle songea également que ces pensées-là étaient bien vaniteuses. Aussi se força-t-elle à les inhiber, ou du moins, les ignorer. Elle refusait de devenir un de ces êtres cupides et avides de pouvoir. Elle refusait d’être comme ces hommes qui lui faisaient perdre, chaque jour, un peu plus foi en l’humanité.

Mais la déesse avait raison : la sirène devait trouver de un point d’eau, au moins pour se désaltérer, au mieux, pour reprendre sa forme d’origine. Quand elle pensait qu’elle avait passé dix ans sans jamais se changer en sirène. Elle avait toujours ressenti le besoin de boire beaucoup, et n’avais jamais plongé véritablement dans l’eau durant son enfance. De plus, sa santé avait toujours été fragile, surtout en période de grande chaleur. Cela justifiait sûrement pourquoi elle ne s’était jamais transformée auparavant, ni pourquoi elle avait tenu si longtemps loin de son milieu naturel. Aujourd’hui, tenir une période aussi longue lui semblait insoutenable. Aussi devait-elle trouver rapidement un point d’eau. Elle ne désirait guère vivre de nouveau ces mois insupportables où sa gorge la brûlait, ou sa peau douloureuse semblait s’effriter au moindre contact.

La déesse se releva et lui tendit la main. Calypso la saisit sans une once d’hésitation. Il était si rare de la voir accorder ainsi sa confiance à quelqu’un. Peut-être était-ce son sauvetage qui avait effacé ses barrières. Ou encore était-ce le réconfort qu’elle lui avait apporté qui avait réduit en cendre toute sa méfiance. Enfin, peut-être était sa nature de déesse bienveillante qui rassurait la jeune fille, de manière inconsciente. La sirène se releva, aidée de sa protectrice. Elle se hissa sur ses jambes encore flageolantes, et songea que seule une eau bien fraîche pourrait leur redonner leur vigueur d’antan. Enfin, la déesse prit son bras, contact qui la gêna quelque peu. Maintenant que toute sa lucidité avait été retrouvée, ses préférences reprenaient leur droit. La demoiselle avait perdu l’habitude de se faire toucher par les gens. Autant l’étreinte qui lui avait été offerte auparavant lui avait été agréable, autant prendre le bras de la déesse la dérangeait pour une raison qui lui échappait. Elle ne devait simplement pas être quelqu’un de tactile.

La déesse du invoquer ses innombrables pouvoir afin de localiser une source d’eau, et parti dans une direction. Mais elle interrogea d’abord la sirène du regard. Celle-ci cru sentir que l’humidité était certes plus forte en ces lieux, mais elle fut incapable de comprendre si cela était dû à une réelle sensibilité, où à une fausse impression née de son esprit. Elle haussa donc les épaules, et se laissa guider par la déesse. Les sens de cette dernière ne les trompèrent pas, car elles atteignirent finalement, après cinq minutes de marches, un petit étang d’aspect profond. La demoiselle gratifia Athéna d’un regard empli de gratitude. Mais, ne désirant pas mouiller sa belle robe bleue, elle l’enleva, non sans gêne, et alla rapidement se réfugier dans l’eau afin d’y dissimuler son corps. Le contact de l’eau la revigora immédiatement, et elle y fut si bien qu’elle y resta complètement immergée, oubliant presque la déesse. De deux ou trois battements de queue, elle fit le tour de l’étang, et revint à la surface, face à Athéna.


-Merci, je ne sais pas comment vous remercier….

Malgré sa gratitude, elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine gêne en présence de la déesse. Plus que son corps à moitié dévoilé, elle se sentait mal à l’aise à l’idée de posséder sa forme de sirène devant la divinité. Ce corps qu’était le sien cumulait les désavantages. A ses yeux, il était disgracieux, et ne pouvait souffrir d’être trop longtemps au sec. Il lui paraissait faible, sans réel avantage. En vérité, ce n’était pas le cas, et la beauté et la force des sirènes étaient connues de tous. Mais elle, Calypso, avait toujours vécue en temps qu’humaine. Alors apprendre qu’elle n’en était pas une, c’était devenir une anormalité, un être impropre, un vilain petit canard. De là était née son aversion pour sa propre nature.

-J’ai tellement honte… Je suis incapable de survivre en pleine nature, et ce que je suis n’arrange rien…

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