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 Rencontre au marché PV: Calypso

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 27 Aoû - 4:02

Le doux vent jouait dans les cheveux du jeune homme tandis que ses pas le portaient dans les diverses rues de la cité. Son capuchon était rabattu, chose rare, puisque le soleil semblait vouloir taper fort aujourd'hui et il avait jugé inutile de se cacher le visage pour le moment. Les gardes le prenaient pour une personne normale parmi tant d'autres dans cette cité. Un soupir silencieux s'échappa de sa bouche tandis qu'il bousculait sans s'excuser un passant qui l'invectiva d'insulte, mais qui se tut aussitôt après un regard de la part de l'assassin. Il reprit sa route, une main dans une poche qui contenait sa bourse de cuir d’où s'échappait un doux et léger tintement.

Aujourd'hui, il était en commission pour acheter de la nourriture, pour lui et les petites, ainsi que quelques autres choses. Des outils, notamment, et quelques produits de la vie de tous les jours. Jetant son regard aux alentours tout en marchant, il se dirigeait vers le coin des marchands, ses pas soulevant de la poussière sous lui. La paranoïa le rongeait profondément, ayant l'impression qu'il était toujours suivi par des gens aux mauvaises intentions et peu recommandables. Il devait rester en vie, non pour lui-même, mais pour les petites qu'il protège. Malgré ce qu'on pouvait penser de lui, il savait se lier aux gens. Il s'était lié aux jeunes filles et s'était juré de les protéger jusqu’à sa mort.

Il finit enfin par arriver à l'Agora, lieu de prédilection pour trouver des marchands et ce qu'il cherchait. La foule était dense, diverses odeurs emplissaient les lieux et les bruits étaient nombreux, des animaux qui grognent au marchand qui crie que sa marchandise était le meilleur au monde et de qualité exceptionnelle. Il se faufila parmi la foule et fut bousculé par une passante, une jeune femme selon ce qu'il voyait.

''Hey. Tu ne peux pas regarder ou tu vas, gamine ?'' Dit-il d'une voix froide. ''Tes yeux servent a quoi ?''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 27 Aoû - 16:40



L’activité de l’agora avait rarement été aussi dense. La foule se contractait, se déformait, telle une vague de chair humaine et de tissus. Les gens se bousculaient, se marchaient sur les pieds, jurant et transpirant sous ce soleil brûlant qui surplombait la Grèce. Parmi eux, une jeune fille tentait fébrilement de se frayer un chemin. Ses cheveux châtains et bleutés avaient été négligemment ramenés en un chignon haut. Maintenus fermement par de nombreuses pinces ornées de perles nacrées, ils s’échappaient devant le visage de la jeune fille en de petites mèches bouclées. Un voile léger et blanc recouvrait le tout, protégeant un tant soit peu le visage pâle des rayons ardents. Malheureusement, sa transparence n’en filtrait qu’une partie, et quelques gouttes de sueurs perlaient sur le front de la demoiselle. Plus épais, le tissu de sa robe, quant à lui, jouait bien mieux son rôle. Maintenu sur chaque épaule par un anneau doré, il dévalait sur ses bras en de fines manches, ouvertes sur le dessus. Celles-ci se terminaient à l’avant-bras, où un second anneau leur conférait un aspect bouffant. Le reste du tissu recouvrait sa poitrine, mais se voyait cerné d’une ceinture en corde en dessous de ses seins, qui bloquait sa route. Enfin, il se voyait libéré de toute entrave et virevoltait sur ses jambes fines, au gré du vent et des mouvements de la demoiselle.

Malgré ses sandales neuves, elle ne manquait pas de se faire marcher sur les orteils, ce qui l’amenait bien souvent à jurer. A quoi cela servait-il de porter ces chaussures douloureuses et inconfortables, si ce n’était pas pour bénéficier d’un minimum de protection ? Poussant une énième fois une femme un peu trop empotée, elle s’extirpa de la foule et trouva refuge près d’un marchand de céramiques. Elle reprit sa respiration, ses yeux océans dansant d’un vase à l’autre. Mais pourquoi, nom de Zeus, avait-elle eut l’idée de se balader en ville, alors qu’elle haïssait le monde, et supportait mal la chaleur ? Son  penchant pour les marchés et les bijoux l’avaient à coup sûre induise en erreur. Maintenant, il lui fallait faire demi-tour et trouver au plus vite un point d’eau. Mais elle préféra d’abord se reposer près de ces pots de céramiques, pour reprendre mieux la route ensuite. Elle en profita, par ailleurs, pour enlever ces affreuses sandales qui la faisaient inutilement souffrir.

Seulement les moires avaient l’art et la manière de broder un destin fait d’imprévus. Aussi une gamine qui passait par là renversa un magnifique pot aux pieds désormais nus de la demoiselle. Celle-ci n’eut le temps de répliquer que l’enfant avait déjà disparu. Interloquée, la pauvre sirène se vit interpelée par le marchand, mécontent, qui l’accusa de la chute du vase. Elle eut beau protester, le marchand ne voulut rien entendre, et exigea un paiement, inflexible. Et comme si cela ne suffisait pas, le vase était une de ses plus belles pièces, et coûtait une petite fortune. La demoiselle au voile blanc ne réfléchit pas plus longtemps. Elle profita d’une minute d’inattention pour s’éclipser. Elle entendit le marchant hurler derrière elle, et se coupa la plante du pied sur un morceau de ce qui avait été un magnifique vase. Dieu, combien de fois avait-elle courut dans cette agora noire de monde ? Sa décision fut prise. Elle n’y retournerait jamais. Cela ne lui attirait que des misères. Essoufflée, elle bouscula une énième personne, et jeta un regard derrière elle. Même sans le voir, elle sentait que le marchand la poursuivait.

Peut-être aurait-elle dû regarder devant elle, à ce moment-là. Car ses yeux lui auraient permis de voir l’homme imposant qui lui barrait la route. Elle se le prit de plein fouet, lâchant un gémissement étouffé. Par Athéna, ce n’était vraiment pas son jour.

-Hey, tu ne peux pas regarder où tu vas, gamine ? Tes yeux te servent à quoi ?

L’homme avait parlé d’une voix froide, et fixait maintenant la demoiselle d’un regard glacial. La demoiselle fronça les sourcils. Ah non ! Elle avait déjà quelqu’un qui s’en prenait à elle, par besoin d’une seconde personne !

-Si vous étiez sur ma route, c’est que vous ne vous servez pas mieux des vôtres. Laissez-moi passer, s’il-vous plait,  je suis très pressée.


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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 27 Aoû - 22:57

De toutes les personnes dans ce marché, il fallait que ce soit une jeune fille qui la bouscule. Une jeune fille qui, au passage, avait une langue aussi mordante que l'assassin, ce qui ne changea néanmoins pas son regard froid et dure. Que fallait-il en déduire ? Un fin visage aux traits beaux et doux, des cheveux magnifiques et un regard envoûtant. Pour le brun, un visage comme celui-là signifiait qu'elle était trop belle pour être vraie. Une beauté comme elle dans une cité aux sombres secrets et sombres habitants était en danger constant, pour l'assassin. Que fallait-il en déduire ? Que même le plus beau des serpents restait quand même un serpent.

Non pas qu'elle était forcément une sorte de criminelle ou une tueuse aguerrie aux yeux du brun, mais sa paranoïa avait toujours pris le dessus. Elle le rongeait la majorité du temps, comme un feu qui se propage et brûle indéfiniment. Un tour joué par le destin ? Même dans la foule, ses sens étaient en alerte, mais étrangement, il n'avait pas vu cette fille venir.Non pas qu'elle était forcément une sorte de criminelle ou une tueuse aguerrie aux yeux du brun, mais sa paranoïa avait toujours pris le dessus.

Alors qu'il allait répliquer plus froidement, il se stoppa une seconde. Du sang, derrière elle. Des traces de sang en forme de pied.De toutes les personnes dans ce marché, il fallait que ce soit une jeune fille qui la bouscule. Par quoi ? Il eut sa réponse en voyant un homme a l'allure mécontent s'approcher d'eux et crier à grande voix envers la jeune fille.

''Espèce de petite traînée, je vais t'en apprendre moi, a ne pas payer la marchandise que tu as cassée !'' Il sortit de sa ceinture un poignard et allait la poignarder quand Kristopher attrapa le poignet de l'homme rapidement et en quelques mouvements rapides et précis, il le mit à terre et avait retourné son poignard contre lui, la pointe dangereusement près de la gorge. Il ne semblait pas avoir compris ce qui lui est arrivé, mais il était vraisemblablement effrayé par le visage de marbre de Kristopher, au regard gris perçant.

''On ne s'en prend pas aux jeunes filles comme ça, mon grand. Faudrait que je te punisse, tu ne trouves pas ?''

''P-Pitié, j-je la laisserais tranquille !''

''Bien.''


D'un coup, il le releva, rangeant le poignard du marchand dans une de ses poches. Quelques personnes se sont arrêtées pour regarder le trio d'un œil intéressé. Il allait garder le poignard, il était de bonne facture, mais il consentit à donner quelques pièces en guise de compensation pour sa marchandise cassée. Le marchand s'en alla rapidement par la suite.

Kristopher retourna son regard vers la jeune fille.

''Je vois que tu t'es attiré les ennuis, d’où le fait que tu m'aies percuté... et que tu sois blessée. Tu as besoin d'aide ?''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 28 Aoû - 1:51

-Espèce de petite traînée, je vais t'en apprendre moi, à ne pas payer la marchandise que tu as cassée !

Le sang de la jeune fille se glaça –ce qui constituait un exploit par une telle chaleur. Elle n’avait pas remarqué que le marchand était aussi près d’elle ! Il fallait qu’elle déguerpisse rapidement, mais l’inconnu lui barrait la route. Elle lui lança un regard apeuré et suppliant. Les bruits de pas se faisaient plus bruyants, et, la peur grandissante, elle fit volte-face. Ses yeux se posèrent alors sur le couteau que tenait le marchand, qui fut aussitôt pointé vers elle. Tétanisée, elle fut dans l’incapacité d’esquisser le moindre geste. Alors, il en était ainsi ? Elle allait mourir ? Sa gorge sèche ne put sortir aucun son. La mort viendrait-elle la prendre sans même la laisser se défendre ? Sans même la laisser dire une dernière fois « Je vous répète que ce n’est pas moi ! ». Elle ne put même pas fermer les yeux. Alors, tremblante, telle une statue de pierre, la jeune sirène attendit son heure.

Mais son heure ne vint pas.

Tout se déroula à une vitesse phénoménale. L’homme qui l’avait ralentie s’élança vers le dangereux marchand. Les gestes qu’il effectua furent trop rapides pour que les yeux de la demoiselle n’en saisissent le sens. Les bras rapides et musclés plaquèrent le commerçant sur les pavés brûlant. Un mouvement de poignet ramena la pointe de la dague sur la trachée son possesseur. Les prunelles de la sirène s’arrondir. Son esprit vide s’emplit peu à peu de questions. Pourquoi diable cette dague était-elle pointée sur son agresseur et non sur elle ? Pourquoi faisait-il si chaud ?? Et enfin, qui était ce sombre individu, par Poséïdon ?! Celui-ci proféra quelques menaces d’un ton égal, ne trahissant aucune émotion. Même à une telle distance, elle put entendre les bruits de déglutition du marchand, qui tremblait au moins autant qu’elle. Déjà abasourdie par ce qu’il venait de se produire, la surprise fut plus grande encore quand elle entendit la réponse du marchand. Alors il la laisserait… tranquille ? Elle ne serait pas obligée de fuir des heures durant pour sauver sa peau ? « Visiblement », se dit-elle. Un soupir s’échappa de ses lèvres roses.

L’inconnu prit possession de la dague, et lança tout de même quelques pièces au marchand en guise de compensation. Cela ne suffirait guère à payer le vase brisé, mais qu’importe, ce n’était pas de la faute de Calypso. Le pauvre commerçant n’eut d’autre choix que de déguerpir, sans demander son reste, et cela la soulagea. Quelques secondes s’écoulèrent avant que son agresseur ne disparaît dans la foule, sous les yeux inexpressifs du mystérieux inconnu. Enfin, ceux-ci revinrent vers ceux de la demoiselle. Un frisson remonta le long de l’échine de la sirène. Les pupilles grises et perçantes semblaient pénétrer son âme et y laisser une emprise sombre et glacé. Le regard de la jeune fille fuît une telle étreinte, incapable de soutenir un échange aussi oppressant.  Ses pieds lui faisaient mal. Elle avait envie de rentrer.


Je vois que tu t'es attiré les ennuis, d’où le fait que tu m'aies percuté... et que tu sois blessée. Tu as besoin d'aide ?

De nouveau, les sourcils de la sirène se froncèrent. De l’aide hein ? Elle jeta un nouveau coup d’œil vers les pupilles de son « sauveur », mais détourna bien vite son regard. Cet homme faisait une bonne tête de plus qu’elle, avait réussi à mettre un adulte qui semblait faire deux fois son poids à terre, l’avait menacé avec sa propre dague et avait un regard qui faisait froid dans le dos. Comme si elle avait envie de passer une minute de plus avec cet homme. Quand bien même la chaleur commençait à être suffocante. Quand bien même ses pieds laissaient derrière eux des marques sanglantes.

-Ce n'est pas moi qui me suis attirée des ennuis ! Et je n’ai pas besoin de votre aide !

Se détournant de l’homme, elle ôta le voile blanc de son crâne, à la recherche d’air frais pour caresser sa peau. Seulement la foule, si dense, ne laissait passer aucune brise. Régulièrement bousculée, ses pieds douloureux commençaient à la lancer, et elle supportait de moins en moins la chaleur moite que dégageait cet étau humain. Son désir ardent de s’éloigner cet individu, qui l’effrayait sans conteste, fut dissipé par un mal de crâne foudroyant. Ce fut comme si une force invisible écrasait ses tempes. Elle tomba à genoux, des gouttes de sueurs ruisselant sur son front, sa respiration se faisant plus laborieuse. Ses mains se plaquèrent contre son crâne, tentant en vain de calmer son mal être. Maudite soit sa nature, rendant ce genre de chaleur insupportable. Maudite soit sa nature et sa dépendance à autrui. Quand apprendrait-elle à se débrouiller seule ?

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 28 Aoû - 4:04

D'abord venait la surprise dans le regard de la jeune fille. La surprise. S'était-elle attendu à se faire tuer ? S'était-elle attendue a ce qu'elle se fasse tuer ? Avait-elle voulu se laisser faire ? En premier lieu, on dirait que si, qu'elle allait se laisser faire... mais ironiquement, l'assassin avait réagi de manière prompte et rapide en désarmant le marchand qui lui voulait lui faire du mal en retournant sa propre arme contre lui. Un assassin empêchant une autre personne de devenir assassin en sauvant la vie d'une pauvre inconnue blessée et pressée. S'était-elle attendue a ce qu'elle se fasse tuer ? Questions et questions, peu de réponses.

Puis vint la peur. D'un simple regard, de son simple regard, il avait instillé la peur dans la pauvre jeune fille qui détourna le regard en quelques secondes après l'avoir regardé. Le brun n'était pas un individu bien joli à regarder et surtout un individu bienveillant. Il se savait effrayant et sombre. Jusqu’à maintenant, personne ne semblait pouvoir rester longtemps aux alentours de l'assassin, exceptions faites de ses petites protégées, qui le connaissaient vraiment.

Sa réplique ne lui décrocha aucune réaction physique. Si elle n'avait ni besoin de son aide, bien, qu'elle se débrouille alors toute seule, comme une grande. Elle était surement trop fière ou bien trop effrayée pour demander son aide, lui, qui a mis à terre un marchand avec une arme blanche a la main en moins de quelques secondes. Cependant, qu'elle dise qu'elle ne s'est pas attiré des ennuis, c'était simplement de la stupidité aux yeux du brun, sinon le marchand ne l'aurait pas poursuivi autrement.

Il allait retourner à ses affaires quand il vit que la jeune fille était tombée sur ses genoux et se tenait le crâne avec ses deux mains, comme si elle avait été foudroyée par un mal soudain et puissant. Elle respirait avec difficulté. Il soupira. Il avait une idée de son mal qui était surement due à la chaleur.

''Tu n'as pas besoin de mon aide, hein ?''

Sur ces mots, il transporta la jeune fille dans ses bras et se dirigeait hors du marché sous le regard surpris de certaines personnes et s'éloigna de l'endroit. Il atteignit une place publique vide de grande taille, au milieu se trouvait une large fontaine profonde. Sans un mot, après s'en être approché, il la jeta dans l'eau, des gouttelettes d'eau l'éclaboussant au passage au visage et sur ses vêtements.

''Il fait bien chaud aujourd'hui, tu aurais dû emmener une gourde d'eau avec toi pour te rafraîchir, sinon le soleil t'aurait surement fait beaucoup plus de mal si je n'étais pas là pour t'emmener ici. Tu apprécies la baignade ?''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 28 Aoû - 17:26

-Tu n'as pas besoin de mon aide, hein ?

La demoiselle serra les dents. Elle ne sut dire ce qui l’agaçait le plus : l’impertinence de son « sauveur » ou sa propre faiblesse. Elle n’eut même pas le temps d’y songer plus, car son mal de crâne la rappela à l’ordre. Son humiliation n’était pas sa priorité. Si elle ne voulait pas s’évanouir, il fallait qu’elle s’extirpe de la foule. Ses jambes tremblantes se contractèrent un temps, mais finirent par ne plus répondre aux ordres de la sirène. Elle était maintenant dans l’incapacité de bouger. Mais qu’avait-elle fait au Panthéon pour se mettre ainsi dans de telles situations ?! Une énième fois, elle se dit que cela serait tellement plus simple si elle n’existait pas. Non pas qu’elle désirait mourir, mais parfois, elle souhaitait juste ne pas être née du tout.

Encore une fois, ce fut l’homme au regard terrifiant qui lui sauva la mise. Celui-ci s’approcha, et la souleva dans ses bras. De violentes protestations ne demandaient qu’à s’échapper de la bouche de la sirène, mais celle-ci souffrait trop pour leur donner ce plaisir. La seule manifestation de son mécontentement fut un grondement étouffé, à peine perceptible. Encore une fois, elle devait son sauvetage à quelqu’un d’autre. Le piège se refermait sur elle de nouveau. La reconnaissance donnerait de la confiance. Et de la confiance découlerait la naïveté. La vie n’était-elle donc faite que de ces cercles vicieux ? Pour sûr, elle se demandait encore ce qu’elle venait faire à Hellenos. Elle avait beaucoup moins de soucis quand elle restait au fond de ces eaux, entre deux rochers, sans personne pour la déranger. Un mode de vie calme, n’est-ce pas ? Un peu ennuyeux également…

Sortir de la foule fut une véritable délivrance. L’air put enfin caresser sa peau, infiltrer sa trachée, et ses maux de crâne semblèrent s’atténuer quelque peu. Mais bon nombre de sensations désagréables résidaient encore, à savoir les ballottements dus aux pas de celui qui la portait, le contact de son corps chaud contre le sien, la douleur des pieds de la sirène et sa gorge sèche. Le duo insolite déboucha sur une place vide. L’absence d’être humain, bien qu’étonnante était sûrement due à l’inexistence de marchands, ainsi qu’à la crasse qui recouvrait les pavés brûlants. Pourtant, une fontaine résidait en son centre. Bien laide, certes, mais emplie d’une eau fraîche comme Calypso en rêvait depuis le début de son malaise. Peut-être les statues d’enfants au regard vide qui la surplombait effrayaient les passants. Les résidents d’Hellenos pouvaient être si superstitieux. Il ne serait guère étonnant qu’ils aient crée une histoire à dormir debout à propos de cette construction. Calypso, elle ne s’en formalisait pas. Son manque de foi allait d’abord et avant tout envers l’humanité. Les contes cauchemardesques, à côté de cela, semblaient bien pâle et insipides. Elle ne fut donc pas effrayée quand l’inconnu l’amena vers la fontaine. En revanche, elle lâcha quelques « Non » apeurés et consécutifs quand elle comprit qu’il allait carrément l’y balancer.

Trop tard, ses protestations furent vaines. Elle se retrouvait déjà plongée dans l’eau glacée, en déversant une bonne partie en dehors de la fontaine, au passage. Elle immergea vivement la tête de l’eau, ses cheveux, désormais détachés, étant collés sur ses tempes. La bouche grande ouverte, elle reprit une grande inspiration, se remettant de sa surprise. Ce fut comme une résurrection. La fraîcheur de l’eau fit circuler un nouvel élan d’énergie dans ses membres. Mais surtout, elle troqua les jambes fines et longues pour une queue de poisson turquoise et luisante. Son mal de tête s'évanouissait peu à peu. Le niveau de l'eau atteignait son buste, un peu au dessus de son nombril. Le tissu de sa robe, maintenant gorgé d’eau, était plaqué contre son corps frêle, et elle avait définitivement perdu son voile dans la bataille. Les quelques traces de civilisation que la sirène s’était évertuée à maintenir s’étaient maintenant dissoutes avec l’eau de la fontaine.


-Il fait bien chaud aujourd'hui, tu aurais dû emmener une gourde d'eau avec toi pour te rafraîchir, sinon le soleil t'aurait surement fait beaucoup plus de mal si je n'étais pas là pour t'emmener ici. Tu apprécies la baignade ?

La demoiselle à peine remise de sa chute lança un regard assassin à l’inconnu. Sa queue fit un petit battement nerveux.

-Je suis aux Anges, déclara-t-elle entre ses dents, d’un ton glacial.

Depuis quand ses propos étaient-ils devenus aussi acerbes ? La méfiance était, certes, un des plus gros défauts de la sirène. Mais, hormis un comportement parfois froid aux premiers abords, elle avait toujours su se montrer un minimum sociable. Alors, la question était bien la suivante : depuis quand était-elle devenu aussi cinglante ? Peut-être était-ce la confiance qu’elle accordait au genre humain, qui s’effritait à mesure de ses mésaventures. Peut-être était-ce aussi la solitude dans laquelle elle se plongeait elle-même. Ou alors, était-ce ce regard pénétrant et cet air inexpressif qui la mettaient mal à l’aise ? A ce genre de questions, la demoiselle ne cherchait généralement pas une réponse. Elle avait compris que quand plusieurs solutions s’offraient à elle, c’est que chacune portait son lot de vérité.

Avec un soupir, elle dégagea une mèche de son visage. Elle détestait vraiment ça : se transformer. A plus fort titre quand c’était de manière forcée, face à un inconnu capable de la tuer en moins d’une dizaine de seconde. Elle ramena ses bras contre sa poitrine. Plus que de dissimuler ses formes, désormais visibles sous le tissu humide et collant, elle tentait de chasser ce sentiment de nudité provoqué par la révélation de sa propre nature. « C’est normal, à Hellenos » se répetait-elle. « Arrête de la rejeter, c’est quelque chose de courant, ici. » Mais même sa propre voix, celle de la raison, ne parvenait à se libérer de cette sensation. Celle d’être une créature indésirée. Et bien évidement, ce sentiment était décuplé par le regard gris et perçant qu’elle sentait encore posé sur elle. La sirène déjà agacée ne s’en trouva que plus irritée. Elle tourna vivement la tête vers l’individu, un air dur gravé sur son visage. Lui aussi avait reçu quelques éclaboussure dues au bain forcé de Calypso. Des gouttelettes dévalaient son visage dénué d’expressions, avant de glisser de son menton pour s’écraser sur le sol. Les prunelles bleues de la demoiselle se posèrent sur les yeux argentés. Dieu sut la violence que la demoiselle se fit pour soutenir son regard.

-Vous m’avez rendu service, qu’est-ce que vous attendez de moi en contrepartie ?

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 28 Aoû - 21:32

Son visage était comme taillé dans la pierre, dure et ferme, froide et rarement capable de changer de forme. Même quand il avait vu l'extraordinaire se produire devant lui, malgré l'eau qui lui avait éclaboussé son visage et son corps, il n'avait pas changé d'un poil son expression faciale. Il ne fut néanmoins aucunement dérangé par le regard que lui offrit la jeune fille ainsi que par ses propos et il n'avait pas été dérangé par ses petits bruits de protestation tout à l'heure, quelques instants avant qu'il ne la jetât dans l'eau claire et pure de la fontaine qui était d'aspect plutôt sinistre vu les statues qu'il y avait. Cependant, pendant un bref instant, il fut stupéfait de voir son corps se métamorphoser lorsqu'elle était dans l'eau. Ses jambes devinrent une sorte de queue de poisson d'une belle couleur turquoise luisant dans la lumière du soleil.

Il ne fut néanmoins aucunement dérangé par le regard que lui offrit la jeune fille ainsi que par ses propos et il n'avait pas été dérangé par ses petits bruits de protestation tout à l'heure, quelques instants avant qu'il ne la jetât dans l'eau claire et pure de la fontaine qui était d'aspect plutôt sinistre vu les statues qu'il y avait. Un mal pour un bien. Il reconnut rapidement la forme étrange de la jeune fille... une sirène. Il avait entendu parler d'étranges créatures qui se trouvaient au sein d'Héllenos et qui pouvaient vivre parmi les humains.

Un moment de silence passa tandis qu'il continuait de la regarder, silencieusement. Il voyait les formes de la sirène, ses seins et les courbes de son corps, maintenant que son vêtement était humide et mouillé mais là ou certains hommes auraient eu des envies, lui n'en éprouvait aucune. Son regard ne disait toujours rien et son corps ne réagissait pas devant cette vision. Une vraie statue sur patte. Elle couvrait sa poitrine de ses mains, la cachant du mieux qu'elle pouvait.

''Je n'attends rien de toi, gamine. De toute manière, je ne pense pas que tu sois en état de me rendre service et je ne pense pas non plus que tu voudrais me rendre service puisqu'on dirait que tu sembles effrayée par ma simple présence. ''


Il se tut un moment et se croisa les bras.

''Je ne dirais rien sur toi, ne t'inquiète pas. Je n'ai pas de bonnes raisons de toute manière et je ne discrimine pas... les sirènes ou tout autres créatures. De toute façon, tu es la première sirène que je vois depuis que je suis ici. En fait, tu es la première 'créature' que je vois depuis que je suis ici.''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Lun 29 Aoû - 10:24

L’homme ne cilla pas. De toute manière, de ce qu’elle avait pu en voir, il ne cillait jamais. Cette impassibilité était véritablement oppressante. Oppressante, et irritante. En son for intérieur, une partie de la sirène désirait le secouer, lui hurler de rire, de s’énerver, d’éclater en sanglot, ou n’importe quoi d’autre. Le moindre indice témoignant d’un semblant d’humanité serait suffisant : un haussement de sourcil, une simple lueur dans le regard…. Un silence s’installa, long et pesant. Et lui, la regardait toujours, le visage de marbre. Les secondes s’écoulaient lentement, rythmées par les clapotis que laissait échapper la fontaine. Il la fixait inlassablement sans rien dire, et cela commençait à la rendre folle.
Bon sang… Mais qu’est-ce qui n’allait pas chez ce type ?


-Je n'attends rien de toi, gamine. De toute manière, je ne pense pas que tu sois en état de me rendre service et je ne pense pas non plus que tu voudrais me rendre service puisqu'on dirait que tu sembles effrayée par ma simple présence

Alors, il n’exigeait rien d’elle. Une vague de soulagement se diffusa dans sa poitrine. Vague qui fut bien pâle comparée à l’aversion qu’elle ressentait pour ce type. Mais qu’importait, c’était déjà cela. En outre, il semblait que, malgré l’absence apparente de toute activité dans le crâne de cet homme, il réfléchissait bien. En effet, il ne s’était pas trompé : elle n’avait aucune envie de l’aider d’une quelconque manière. Mais si cela lui permettait de s’acquitter de sa dette et de ne plus avoir affaire à lui, elle était prête à se faire violence, dans une certaine mesure. Bien loin d’elle l’idée de commettre un meurtre –car oui, cet homme semblait du genre à faire ce type de requête- mais si la tâche était simple, elle pouvait s’en acquitter. Enfin, après un temps, l’idée lui sembla bien idiote. Un individu comme lui ne semblait avoir besoin de rien. Ou, du moins, il ne semblait avoir besoin de rien de « simple ». Le genre de tâche que pourrait lui confier l’inconnu nécessiterait forcément de se salir les mains… Préjugés ? Peut-être. La sirène savait pertinemment que l’habit ne faisait pas le moine. C’était d’ailleurs pour cela qu’elle ne se fiait plus à personne.

Je ne dirais rien sur toi, déclara-t-il en croisant les bras, ne t'inquiète pas. Je n'ai pas de bonnes raisons de toute manière et je ne discrimine pas... les sirènes ou toute autre créature. De toute façon, tu es la première sirène que je vois depuis que je suis ici. En fait, tu es la première 'créature' que je vois depuis que je suis ici.

La demoiselle baissa la tête, ses lèvres s’étirant en un sourire dégouté.

-Une « créature », hein ?

Créature, pour ne pas dire monstre. Etait-elle si anormale que ça ? Elle se posait la question. Un nouveau silence s’installa, durant lequel elle sentait le regard argenté peser sur elle. Peut-être que « créature » était le terme employé pour parler des sirènes, des satyres et autres êtres humanoïdes. Mais aux oreilles de la sirène, cela sonnait comme une insulte. Et pour cause, ce mot remettait en cause ce qu’elle s’était toujours considérée être.

Humaine.

La demoiselle alla au centre de la fontaine, et appuya son dos contre celui-ci. Elle pouvait sentir dans son échine le regard vide des statuettes. Mais au diable, cela était bien moins désagréable que de sentir celui de l’homme posé sur elle. Les bras croisés, elle fit un énième effort pour le regarder dans les yeux. C’est qu’elle s’y habituerait presque, à ces pupilles perçantes. Toujours fermée comme une huitre, le silence revint, encore et toujours. Son sourire, lui, n’avait duré qu’un temps.


-Qu’est-ce qui me garantit que vous ne me mentez pas ? Des hommes seraient sûrement prêts à payer cher pour avoir une sirène dans leur salle principale.  

Elle battit nerveusement de la queue. Il fallait avouer qu’elle ne s’était pas éloignée pour rien et avoir son dos appuyé contre le pilier central de la fontaine la soulageait quelque peu. Elle ne voulait se retrouver de dos face à l'inconnu, car à ses yeux, c’était ainsi exposer sa nuque au plus aiguisé des poignards…

-Vous avez la tête de quelqu'un qui n'a aucun mal à mentir...

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Mar 30 Aoû - 4:54

Son regard métallique grisé était toujours posé sur la jeune sirène, l'analysant silencieusement. Quand le brun l'avait vue tomber à genoux, dans le marché, il ne savait qu'elle était une sirène. Il voulait simplement la rafraîchir et il devait se l'avouer, il ne l'avait pas fait de la plus gentille et des plus douces des manières. Il n'était pas reconnu pour sa douceur et sa gentillesse. Il était reconnu pour être un être violent et un meurtrier qui tuait de bien des manières horrifiantes.

Puis elle sourit, non parce qu'elle était heureuse qu'il l'ait aidé ou qu'il ne dirait rien sur elle, mais simplement... parce qu'il avait dit 'créature'. Il se retint de soupirer, gardant toujours cette expression de marbre sur son visage. Se considérait-elle comme un monstre, une anormalité, une chose qui n'aurait jamais dû exister ? Pour le brun, entre lui et elle... il était le monstre. Une créature née dans le sang et la souffrance, dans la haine et dans les flammes de la colère. Qui tue et qui fait souffrir.

Il ne remarqua même pas que pendant qu'il pensait, elle s'était déplacée et releva son regard vers la jeune fille, assise contre une partie de la fontaine, le dos accoté.

''Je ne mens que quand je dois protéger certaines choses. Autrement, on me reconnaît aussi pour être direct et franc. Si j'avais voulu te vendre à certaines personnes, je t'aurais assommé et je t'aurais enchaîné quelque part en attendant qu'un acheteur vienne vérifier. Si tu veux, je peux toujours t'assommer maintenant et te vendre, il n'y a personne pour m'en empêcher et tu ne pourrais pas faire grand-chose pour m'en empêcher.''

Il mit pied dans la fontaine et s'approchait peu à peu de la sirène, l'air maintenant menaçant... avant qu'il ne pose sa main sur sa tête, caressant ses cheveux gentiment.

''Les monstres sont souvent plus humains que les humains en eux-mêmes. Je n'ai pas envie de te capturer ni de te faire du mal. De toute façon, peu de chance que tu m'en fasses réellement.''


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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 4 Sep - 0:16

-Je ne mens que quand je dois protéger certaines choses. Autrement, on me reconnaît aussi pour être direct et franc. Si j'avais voulu te vendre à certaines personnes, je t'aurais assommée et je t'aurais enchaînée quelque part en attendant qu'un acheteur vienne vérifier. Si tu veux, je peux toujours t'assommer maintenant et te vendre, il n'y a personne pour m'en empêcher et tu ne pourrais pas faire grand-chose pour m'en empêcher.

Un frisson parcourut l’échine de la demoiselle. La dernière menace du sombre individu avait eu son petit effet. La crainte naissant sur son visage, elle essaya de repenser à tout ce qu’il lui avait dit, à démêler le vrai du faux, ne serait-ce que pour se rassurer elle-même. Ce fut extrêmement difficile, elle qui ne donnait jamais de crédit à personne. Etait-il vraiment franc ? Cette question tournait en boucle dans sa tête, tant et si bien qu’elle lui en donnait la migraine. Cette lutte pour obtenir des réponses, cette même lutte pour savoir où était le mensonge… Cette unique lutte devenait oppressante. Elle n’arrivait plus à réfléchir. Juste à ressentir le danger. Et cela n’allait pas s’arranger.

En effet, l’homme fit un pas. Il enjamba le rebord de la fontaine, plus menaçant que jamais. La sirène s’en retrouva transie de peur. Son visage n’affichait plus l’expression rigide et dure qu’elle arborait quelques minutes avant. Alors que l’inconnu faisait un autre pas, ce fut la crainte que l’on put lire sur le doux facies de la sirène. Cet individu dégageait une aura meurtrière, qu’elle sentait vibrer dans tout son être, et qui lui donnait la chair de poule. Ses yeux rencontrèrent les siens en un regard suppliant. Un flot de pensées illogiques et grotesques se déversa dans son esprit. « Il va me tuer. », « Je vais finir empaillée chez un collectionneur », « Ma vie n’aura été qu’un amas de merde » en firent partie. D’autres prenaient la relève…

Notamment « J’aurais préféré affronter milles fois le marchand plutôt que de le rencontrer, lui ».

La sirène tremblante finit par avoir un sursaut alors que l’homme n’était plus qu’à deux pas d’elle. Pauvre andouille, toujours statue face au danger, elle se décida enfin à bouger. Au nouveau pas de l’homme, elle eut une réponse naturelle : reculer. Reculer violement, en forçant sur ses bras fins. Seulement son dos heurta violement le pilier central de la fontaine. Ses muscles tentèrent de la pousser plus loin, mais le marbre blanc, seul rempart, refusa de céder. Son visage exprimant l’horreur, alors que son prédateur s’avançait encore, elle baissa la tête et ferma les yeux, comme pour s’épargner la vue de sa propre mort.


-N-n’approchez-pas….

Une seconde. Deux. Aucune douleur fulgurante ne vint signer ses derniers moments. Pas de coup de poignard, pas de grande main aux doigts fins enserrant la gorge en une ultime étreinte. Pourtant, elle sentit quelque chose, et sursauta immédiatement à ce contact. Mais ce ne fut pas la sensation froide et lancinante d’un couteau qui pénètre la chaire. Ce fut une main, douce. Une main posée sur ses cheveux humide. La sirène eut peine à croire que l’homme qui s’avançait vers elle, ce même homme qui lui avait fait si peur, était à l’origine d’un geste aussi affectueux. Non, mieux, elle n’y croyait pas. Il lui semblait plus plausible qu’elle soit morte et qu’une divinité quelconque soit venue accueillir son âme aux enfers. Mais elle n’en aurait le cœur net qu’en ouvrant ses paupières. Après un court instant, elle finit par s’exécuter. Ainsi, ses prunelles lui dévoilèrent le même visage inexpressif, les mêmes yeux pénétrants, le même qui l’avait sauvée du marchand, et qui était maintenant penché sur elle. Là, dans cette position naturelle et ne correspondant pourtant pas à l’inconnu, elle se fit la réflexion qu’elle lui trouvait un peu plus d’humanité que tantôt.  

-Les monstres sont souvent plus humains que les humains en eux-mêmes. Je n'ai pas envie de te capturer ni de te faire du mal. De toute façon, peu de chance que tu m'en fasses réellement.

-Vous n’êtes pas un monstre.

La demoiselle écarquilla les yeux. Que venait-elle de dire, à l’instant ? N’était-ce pas ce qu’elle avait soutenu depuis le début, qu’il était un monstre ? Ne s’était-elle pas retrouvée mal à l’aise à cause de son visage impassible ? Ne s’était-elle pas sentie intimidée par ses iris argentés ? Bon dieu, elle avait un mal fou à comprendre ce qu’il se passait dans l’esprit des autres. Mais, pour une fois, c’était son propre raisonnement qu’elle ne parvenait à saisir. Peut-être était-ce le geste amical de l’homme qui atténuait son jugement trop dur. Ou alors, peut-être que ce cri n’était qu’un élan de gratitude qu’elle avait tenté de refouler, mais qui s’échappait maintenant, sans qu’elle ne le veuille.

-J-je veux dire… Je n’arrive pas à déterminer si vous êtes quelqu’un de bien ou non… Ni ce qui vous motive, mais… ….Je vous remercie... …De m’avoir sauvée…

Pauvre sotte, voilà qu’elle recommençait à bafouiller. La confusion, puissante, déstructurait phrases et idées. Malgré tout, un soupçon de crainte stagnait dans sa poitrine. Elle ne se sentait pas en sécurité. Pas en le sentant aussi près d’elle. Malgré tout, quelque part, le mur avait commencé à se fissurer…

-Alors, même quelqu’un comme vous a des choses à protéger ? marmonna-t-elle, ne sachant dire si elle s’adressait à l’homme ou à elle-même.

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 4 Sep - 4:02

Une nouvelle fois, il avait vu dans son regard cette expression que les gens avaient généralement lorsqu'ils voyaient la Mort approcher pas à pas, lentement, mais surement, vers eux. Cette émotion qui pouvait vous paralyser les membres, vous faire nouer vos tripes, vous glacer le sang. Qui pouvait vous tuer, même. Les gens suppliaient généralement qu'on leur laisse la vie, qu'ils ne veulent pas mourir, qu'ils n'ont rien fait de mal. D'un simple regard, elle avait fait ce que beaucoup d'autres gens ont fait avant de rencontrer la lame de l'assassin, froide et coupante.

Beaucoup d'autres gens ont essayé de s'enfuir, mais en vain, car au final, l'assassin était autant un prédateur qu'un véritable assassin, traquant ses victimes. Il n'aurait pas eu besoin de traquer la sirène, elle n'avait nulle part ou aller, sauf là ou il y a de l'eau. La seule chose dont elle pouvait faire, et ce qu'elle fit, était de fermer les yeux et de supplier la Mort de ne pas l'emporter. Tous ses sentiments, cependant, se changèrent en surprise en voyant le geste presque affectueux de l'assassin, sa main sur la tête de la sirène.

S'il avait pu sourire, il l'aurait fait, entendant sa remarque. S'il n'était pas un monstre, qu'était-il alors ? Quelque chose de pire qu'un monstre ? Il tuait et tuait et tuait, pour la seule et unique raison de protéger ses petites. Tuer pour protéger, tuer pour vivre. Quel paradoxe. Quelle ironie. Quelle connerie.

Il ne dit rien quand elle le remercia. Le silence était souvent meilleur que les paroles

''On a tous quelque chose a protéger, mine de rien'' Dit-il, simplement en regardant aux alentours. ''Tiens-tu à partir, gamine ? Veux-tu que je t'emmène ailleurs ? Tu as toujours mal à ta blessure ?''
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 10 Sep - 19:15

-On a tous quelque chose a protéger, mine de rien, Dit-il, simplement en regardant aux alentours. Tiens-tu à partir, gamine ? Veux-tu que je t'emmène ailleurs ? Tu as toujours mal à ta blessure ?

La demoiselle releva la tête, surprise. Elle ne s’était pas rendue compte que sa précédente question, celle qui la taraudait, avait franchi ses lèvres. Alors, d’après lui, tout être possédait quelque chose qu’il se devait de sauvegarder ? Pourtant, elle, Calypso, n’avait pas cette impression. Nullement attachée à des individus en particulier, même son chez elle lui semblait étranger. Les seules choses qui comptaient n’étaient plus là. Il n’y avait plus qu’elle. Elle devait être relativement égoïste. D’un coup, elle se rendit compte qu’elle n’avait pas grand-chose, au final. Seulement des petits plaisirs au quotidien, simples et banals. En ce cas, qu’est-ce qui me pousse à continuer ma vie, se demanda-t-elle. Qui sait, peut-être que ce « quelque chose » à protéger était infiniment plus simple qu’un foyer, une famille ou des amis.
Peut-être parlait-il de la vie, tout simplement. La vie, ainsi que ses petits plaisir quotidiens, simples et banals.

A l’évocation de sa blessure, elle ouvrit de grands yeux. Oui ! Sa blessure aux pieds ! Elle l’avait complètement oubliée ! Sa queue fut ramenée sur le côté, ses prunelles bleutées s’y posèrent doucement.  Effectivement, sa nageoire était striée de quelques plaies rougeâtres. Celles-ci étaient bien moins douloureuses, tant et si bien qu’elle ne les avait pas remarquées.


-Ça a l’air d’aller mieux, j’ai l’impression…

Quant à si elle voulait partir, la réponse lui semblait assez évidente. Elle désirait plus que tout rentrer « chez elle ». Elle voulait s’éloigner d’Hellenos, de la foule, de la civilisation, et surtout de cet homme qui la rendait si nerveuse. Seulement, elle redoutait un autre assaut du marchand, quand bien-même la menace de l’inconnu avait eu son effet sur lui. Elle décida donc de prendre sur elle, et d’accepter la proposition de l’homme, aussi oppressant était-il. Bizarrement, elle se sentait moins en danger avec lui, que seule à la merci de n’importe quel passant. Attention, cela ne signifiait pas qu’elle ne se sentait en sécurité pour autant. C’était juste préférable avec lui.

-Si ça ne vous dérange pas, j’aimerais partir d’ici le plus rapidement poss…
-Ils sont là !

Des bruits de pas retentirent dans la cours. Une fraction de seconde s'écoula. Enfin, dans la place vide déboulèrent quelques soldats armés. Leur armure de cuire brillait au soleil. L’un d’eux, d’aspect plus haut gradé, à en juger par son uniforme, s’avança, le visage dur. L'épée qui lui avait été confiée afin de protéger Hellenos, était maintenant sortie de son fourreau.

-Nous avons reçu des plaintes concernant une agression d’un marchand dont vous êtes responsable. Au nom d'Athéna et Artémis, suivez-nous sans résister.

La sirène écarquilla les yeux. Encore cette histoire ? Est-ce que, pour avoir eu le malheur, d’être au mauvais endroit au mauvais moment, elle serait poursuivie encore longtemps ?
Ses prunelles azur vinrent rencontrer celles de son « sauveur ». Ce regard en quête de réponse ne dura que quelques temps, mais on put y lire aisément l’émotion qui le dominait.
La panique.

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 11 Sep - 5:00

Quelque chose a protégé... pour beaucoup, peut-être qu'il n'avait rien à protéger, dans le fond, hormis sa vie. Ses employeurs considéraient que sa vie était sacrifiable, tant qu'il faisait son travail, et les autres, la population d'Hellenos, l'ignoraient grandement, se préoccupant de leurs propres affaires, ignorant l'identité de l'assassin. Les petites qu'il protégeait, cependant... elles aimaient grandement leur 'grand frère', elles leur accordaient une grande importance à sa vie et a sa présence. Notamment Meyaka, qui s'occupait de panser ses blessures si jamais il revenait d'un contrat blessé. Elle était surement la plus 'maman' des trois et la plus réaliste.

Kristopher sentait qu'au fond, en accordant de l'importance a leur protection, il accordait aussi une certaine importance à sa propre vie. S'il mourait lors d'une mission ou a n'importe quel moment, elles seraient surement en danger de mort, vu le monde dans lequel elles vivront, froid et cruel. Et il était donc prêt a tout pour survivre, quitte a tuer plusieurs personnes.

Il était d'accord avec la sirène sur un point, lui aussi, il voulait partir le plus rapidement possible d'ici et s'occuper de sa blessure avant de la laisser partir. Cependant, la vie ne semblait pas vouloir les laisser partir facilement. Une petite troupe de garde vint à leur rencontre, bien armée et bien équipés. Les suivre sans résister... quelle blague.

''Désolé, mais ni Artémis ni Athéna ne sont pas mes déesses, ni les autres.'' Dit-il d'une voix calme et posée, audible. ''Le marchand en question avait tenté d'agresser en premier, mais soit. Je ne pense pas que cela puisse changer grand-chose.''



D'un coup, comme de nulle part, il sortit rapidement un poignard qu'il lança a la gorge d'un garde, atteignant sa cible, le garde émit un gargouillement avant de tomber au sol, mort. Il sortit ensuite d'autre poignard, les équipant a chacune de ses mains, en position de combat. Rapidement, les autres gardes hurlèrent de rage et se jetèrent sur l'assassin, épée a la main. Ils étaient quatre, le cinquième mort dans son propre sang.

Kristopher para un coup d'épée un coup d'épée en le redirigeant ailleurs et avec une rapidité peu commune, il trancha la gorge d'un autre garde mais il ne put esquiver un coup d'épée qui lui avait fait entaille a la cuisse. Grognant de douleur, mais tenant bon, Kristopher se jeta dans la mêlée, le fracas métallique des lames résonnant dans la place publique vide de présence, hormis la leur et celle de la sirène dans la fontaine.

Le brun continuait de rediriger les lames des autres soldats et essayait de les tuer. Laisser des témoins était bien trop dangereux. Un de ses poignards vint se ficher dans l'avant-bras d'un des gardes et profitant du cri de douleur qu'il poussait, il lui trancha nettement la carotide avec une précision chirurgicale et ramassa une épée tombée a terre. Plus que deux, a présent. Il se mit en position de combat une nouvelle fois, plus adaptée pour un combat a l'épée. Seul subsistait a présent le haut gradé et un bleu, qui avait peur décidément.

Kristopher fit un pas en avant et le bleu commit l'erreur de s'avancer et d'essayer de transpercer l'assassin. D'un simple mouvement de sa lame, il para le coup et trancha le ventre de la recrue, du sang jaillissant de son ventre meurtri, ses entrailles pendaient dans le vide. Un air surpris était affiché sur le visage du soldat avant de tomber a terre.

''Plus que toi et moi...'' dit le brun en regardant le haut-gradé.

Avec un rugissement de colère, le soldat restant fonça sur Kristopher et leurs lames se rencontrèrent, provoquant des étincelles. Il est doué, pensait Kristopher, tout en esquivant ses coups du mieux qu'il pouvait, très doué. D'autres blessures s'ajoutèrent à son corps, le garde ayant entaillé son bras gauche et son autre cuisse. La douleur le lancinait, mais il continuait de tenir debout. Il avait vécu pire.

En faisant un pas de coté de justesse, il esquiva un coup qui aurait pu lui être mortel et avec un grand geste, il trancha la tête de son adversaire qui revola dans les airs avant d'atterrir dans la fontaine, tout prés de la sirène. Kristopher suait et saignait, mais il était envie et c'était de peu. Haletant silencieusement, il laissa tomber l'épée au sol, récupéra ses poignards et se dirigea vers la sirène, la prenant dans ses bras rapidement.

''Il faut vite partir, ils remarqueront l'absence de cette troupe de garde.''

Avec de grands pas, il sortit de la place publique ensanglantée. La nuit avait commencé a tomber et Kristopher n'aurait pas le temps de retourner chez lui ce soir, il devait s'occuper de la sirène. L'assassin enfonça une porte d'une grande habitation abandonnée et y entra, refermant la porte d'un mouvement de pied. Un salon avec une cheminée et une grande table couverte de poussière au milieu, surement pour poser des victuailles et des verres pour des invités dans le passé. Il allongea la sirène sur la table, ignorant ses propres blessures.

''Ça va, tu n'as rien ? Tu ressens encore la douleur ?''

Durant tout le combat de tout à l'heure et jusqu’à maintenant, il n'avait affiché aucune émotion. Comme toujours. Ses vêtements étaient lacérés là ou il avait été blessés et tachés de sang qui était le sien et qui appartenait aux gardes décédés.

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 11 Sep - 17:20

Les pupilles aux teintes de l’océan n’avaient de cesse d’osciller entre lui et les garde. Allaient-ils fuir ? Allaient-ils se rendre ?
Tout se déroula rapidement. Beaucoup trop rapidement.


Désolé, mais ni Artémis ni Athéna ne sont pas mes déesses, ni les autres. Le marchand en question avait tenté d'agresser en premier, mais soit. Je ne pense pas que cela puisse changer grand-chose.

Elle perçu un éclat de soleil, qui disparut aussi rapidement qu’elle l’avait vu apparaitre. Un rayon percutant le métal. Ses yeux s’agrandirent. Les pavés n’abordaient plus fièrement leur couleur fauve, sale et délavée. Le sol avait changé.
Maintenant, il était rouge.

Son sauveur, tel une ombre noir et rapide, fondit sur les gardes. Le bruit des lames s’entrechoquant lui parvint. Sous ses yeux écarquillés, elle avisait la silhouette sombre bondir d’une cible à une autre, telle un prédateur en quête de sang, telle un monstre avide de mort et de destruction.
Telle une chimère déchiquetant sa proie de ses griffes acérées.

Un frisson. Une goutte de sueur dégoulina sur sa tempe. Le rouge gagnait du terrain, arborant fièrement sa bannière écarlate. Etait-ce le sang des ennemis ? Celui de son allié ? (Etait-il vraiment son allié, d’ailleurs ?). Elle n’arrivait plus à le distinguer. Son cerveau ne parvenait pas à identifier ni les mouvements des combattants, ni les blessures dont ces même mouvements étaient à l’origine. Elle ne sentait que ce le parfum métallique et écœurant que laissait échapper le sang à l’air libre. La sirène laissait la senteur emplir ses narines, la mort dominer sa vue. Elle assistait à ce spectacle, cette même expression livide sur le visage, en profond état de choc.

A en juger par le nombre de corps au sol, son champion dominait largement la partie. Il finit par faire face au dernier survivant : le haut-gradé. Le combat commença, aucun des deux ne se laissant dominer. Ce fut à ce moment-là que, pour la première fois, la sirène ressenti une pointe de panique pour le devenir du brun qui la protégeait. Seulement un nouveau geste bien placé coûta sa tête au dernier soldat. Celle-ci tomba mollement sur le sol, laissant échapper le bruit d’un objet lourd qui rencontre les pavés. Un bruit qui resterait longtemps gravé dans l’esprit de Calypso.

C’était fini. Le monstre avait gagné. Celui-ci s’avança rapidement la sirène. Cette dernière n’esquissa pas le moindre geste, une expression choquée toujours gravée sur son visage. Elle continua de fixer le vide, et quand l’homme la pris dans ses bras, elle ne résista pas non plus.  Même ses paroles lui semblaient lointaines, comme une mélodie du monde réel s’immisçant secrètement dans un rêve. En la sortant de l’eau, sa queue sembla se fondre aux filets d’eau glissant sur elle. Les écailles prenaient petit à petit la consistance de l’épiderme humaine. La nageoire fine et transparente reprit consistance pour devenir progressivement deux pieds. Elle sentait contre son flanc droit le torse de l’homme, éclaboussé du sang visqueux de ses victimes. Ou peut-être le sien. Sa peau rencontra la substance chaude et collante et, à ce contact, elle tressaillit. Ses poings se resserrent sur le tissu noir que portait l’homme, afin de contrôler un spasme de dégout qui ne  demander qu’à naître.

Ils sortirent tous deux de la place, et trouvèrent refuge dans une maison abandonnée. Les murs, rongés par le temps, semblait pouvoir s’effondrer à la moindre secousse. La demoiselle fut déposée sur une table poussiéreuse, et ne put s’empêcher de se comparer à un sacrifice que l’on offre à un dieu en colère. Ses jambes étaient maintenant bien nettes, et on ne distinguait plus que les esquisses d’écailles, disparaissant à vue d’œil. Tremblante –était-ce le froid que la nuit amenait progressivement ?- elle avisa le brun, son visage légèrement adoucie montrant néanmoins une crainte marquée. L’homme, fidèle à lui-même, ne laissait aucune émotion déformer son visage. Le tissu sombre qu’il portait se voyait fendu en plusieurs endroits, et la sirène cru voir du sang y ruisseler.


-Ça va, tu n'as rien ? Tu ressens encore la douleur ?

La demoiselle ne répondit pas. Elle fixait seulement le tueur, la crainte luisant dans ses yeux. Peut-être pouvait-on y lire de la haine également ? Seul persistait le souvenir du sang giclant dans les airs,  et l’idée que la cause de cette boucherie était devant elle, et la fixait de ses yeux argentés. Face à lui, elle s'interrogea. A quel moment deviendrait-elle sa proie ?
L’homme s’approcha de la table. Elle eut un mouvement de recul.


-Ne me touchez pas, déclara-t-elle d’un ton sec.

Elle se mit à frotter son bras enduit de sang sur un des pans de sa robe. Celle-ci était fichue, de toute manière. Et elle aussi, était fichue. Elle avait été vue en compagnie de l’homme en noir. Elle faisait partie du duo recherché par les gardes de la cité. Et ces mêmes gardes étaient morts.
En d’autre terme, aux yeux de la cité, elle était maintenant une meurtrière.

Elle qui ne désirait pas revenir à Hellenos de sitôt, voilà que son vœu était exaucé. Heureusement qu’elle n’y vivait pas, ou elle aurait eu de sérieux ennuis. Son regard se perdit dans le vague. N’aurait-il pas été plus simple de fuir ? Moins dangereux ? Et si elle avait payé ce marchand, en dépit de l’injustice flagrante de ce geste, aurait-elle eut moins d’ennuis ?
Certainement.


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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 11 Sep - 21:38

Tuer est un acte maléfique. Tuer est un acte maléfique mais nécessaire, dans ce monde. Au bout d'un moment, on devient un tueur ou on devient la proie. Dans son cas, Kristopher était devenue ni le tueur ni la proie, mais le prédateur qu'on devait craindre, qu'on devait connaitre pour s'en éloigner le plus possible pour ne pas le provoquer ou le déranger. Les gardes avaient eu la mauvaise idée de tirer l'épée contre le brun, même s'il avait failli y laisser sa peau. Ses blessures en témoignaient et bien qu'ils n'étaient pas tellement profonds ou graves, il devait s'en occuper pour ne pas avoir d'infection.

Il y avait plus urgent cependant, c'était cette petite sirène. Elle avait récupérée ses jambes au cours du trajet et la blessure était toujours présente. Ce qui a causé la blessure a du se trouver au sol et qui sait quel détritus pouvait renfermer le sol. Elle avait besoin de se désinfecter de la dite blessure. Et elle ne semblait pas avoir de connaissance dans ce domaine, à première vue. Et elle semblait en état de choc aussi. Elle n'avait du donc pas voir la mort de très prés et ces gardes sont donc surement sa première expérience avec la mort de prés.

Son visage ne changea pas d'expression quand il tenta de s'approcher d'elle pour s'occuper de la blessure et qu'elle lui dit de ne pas s'approcher. Il se contenta de reculer et s'accota à une poutre. La lumière du jour commençait doucement a disparaître pour laisser place à une nuit qui allait être très noire.

'Ne me dis pas que tu m'en veux, tout de même ? Soit, petite ingrate, fais donc. Laisse-moi te dire ceci : si j'avais suivis ces gardes et qu'ils t'auraient vu, sois sûr que les gens dans la haute sphère se seraient amusés à t'avoir et peut-être même auraient-ils deviné que tu ne serais pas la seule a errer a Hellenos sous forme humaine. C'était trop dangereux de les laisser en vie. C'est moi qu'ils chercheront, pas toi. Qui a mis la dague sous la gorge du marchand ? Moi. Qui a tuer les gardes ? Moi. Je doute que tu puisses en faire de mêmes, gamine, sauf si tu planifies de les tuer à coup de nageoire.


Il croisa les bras tout en la regardant. Ses blessures continuaient de saigner légèrement.

''Si tu ne veux pas que je te touche, occupe-toi donc de ta blessure toute seule. Je suis sure que tu as des connaissances de premiers soins, n'est-ce pas ? Les sirènes ont surement du apprendre a coudre dans l'eau avec des algues''

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Jeu 6 Oct - 19:34

L’homme n’insista pas, au grand soulagement de la demoiselle. Il se contenta de s’éloigner sans aucune émotion apparente. Bon sang, ressentait-il ne serait-ce que le moindre sentiment ? Calypso se garda bien de répondre positivement à cette interrogation. Après tout, ce même individu avait exécuté un groupe d’hommes avec la froideur et l’impassibilité d’un mort. Et il était bien connu que les morts ne ressentaient plus rien depuis bien longtemps…
Seulement le silence auquel elle s’attendait fut rapidement remplacé par une réprimande. Selon les dires de l’homme en noir, le sacrifice de ces gardes était nécessaire, et le crime ne serait en rien imputé à la sirène. Elle crut qu’il en avait fini, mais il revint a la charge, et acheva sa tirade par de l’ironie, brève et cinglante. La sirène baissa la tête. Il disait vrai, elle n’y connaissait rien. Mais en réalité, elle se demandait si elle ne préférait pas mourir d’une infection que de se laisser toucher par ces mains larges, froides et couvertes de sang. Après mûre réflexion, cela lui sembla bien irrationnel. Désirer mourir pour un caprice si futile était bien sot.

Elle songea un instant à sa meilleure amie d’enfance. Celle-ci, comme beaucoup de filles de dix ans, était terrifiée par les araignées. Un jour, l’une d’elle avait élu domicile sur son lit, et aucun adulte n’était dans les parages. Calypso revoyait avec une clarté étonnante le regarde figé de son amie, le bras tendu, qui mobilisait toute sa volonté afin d’oser éjecter la créature des draps sales. Elle n’y était jamais parvenue, et la sirène ne se souvenait guère de ce qu’il était advenu de la petite bête. En revanche, elle se remémorait sans mal la pensée qui l’avait traversée, ce jour-là. Elle qui n’était nullement effrayée par l’insecte, avait songé que son ami était bien sotte de faire un tel blocage. Maintenant, elle comprenait. Elle comprenait qu’on puisse redouter quelqu’un ou quelque chose avec une telle force que même mourir semblait préférable. Seulement, elle n’était pas comme cette idiote qu’elle avait prise pour sa meilleure amie. Elle valait bien mieux que cela. Aussi prit-elle quelque seconde pour rassembler sa volonté. Il suffirait de quelque mot, et le tour serait joué. Elle lutta contre son envie de fuir, et enfin, se lança, le regard toujours rivé sur le sol.

-C’est bon, allez-y.

Le reste appartenait à L’homme en noir. Elle continua de lutter, de se faire violence pour supprimer ce désir ardent de s’échapper. Ses ongles s’enfoncèrent dans le bois poussiéreux. Il fallait qu’elle comble ce silence pesant. Elle prit quelques secondes pour réfléchir. Que pourrait-elle bien dire ? Elle n’était déjà pas très douée pour tenir une discussion, alors converser avec quelqu’un comme lui ? Après un temps, elle trouva enfin.

-Je ne vous en veux pas, déclara-t-elle, fixant toujours le sol. Cela n’aurait pas de sens, puisque vous m’avez sauvée… … Non, vous me dégoûtez, c’est tout.

Sa franchise prenait le dessus. Cela pouvait sembler illogique, quand on savait qu’elle craignait cet homme au plus haut point. Mais il fallait croire que, pour dire ce qu’elle pensait, Calypso n’avait peur de rien.

-Vous me faites rire, avec vos fausses excuses, dit-elle d’un ton monocorde. Vous ne l’avez pas fait pour me protéger des gens de la haute sphère ou d’un quelconque assaillant. Vous l’avez fait pour fuir. Et n’allez pas me faire croire qu’on n’accusera que vous. Vous savez pourquoi j’étais poursuivie ? Parce qu’une gamine avait fait tomber un vase et que le marchand s’est mis en tête que c’était moi. Les gens d’hellenos sont injustes et fermés. Peu importe si je n’ai pas la carrure d’un tueur ou si la dague ne m’appartient pas. Aux yeux d’Hellenos, je suis une criminelle, et c’est un argument suffisant pour me poursuivre au même titre que vous.

Elle investissait une telle énergie pour maîtriser son dégoût qu’aucun éclat de colère ne transperça sa voix. Sa bouche laissait seulement s’échapper le fil de ses pensées, ininterrompu, monotone et n’étant pas tinté d’affect. Son seul désir était que cette situation prenne bientôt fin.

Ses prunelles azur, elles, étaient toujours rivées sur le sol

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Mer 12 Oct - 4:51

Le regard qu'elle lui avait envoyé, ce regard, l'assassin y était habitué depuis le jour où il était arrivé ici. Un regard de dégoût. Un regard effrayé. Mais un regard, par-dessus tout, craintif. Pour toute personne devenant assassin, elle se devait de se préparer à cette éventualité. Être le serviteur de la Mort n'était pas un métier apprécié par tout le monde, même si les gens, en général, sans les lois, n'hésiteraient pas à en engager un pour éliminer quelqu'un qu'ils détestaient s'ils en avaient les moyens. Une des plus grandes ironies de ce monde. Les gens détestent la Mort, mais tant qu'Elle ne frappent que les gens qui leur déplaisent, tout allait bien.

C'était ca, le boulot d'un assassin. Les assassins sont formés pour tuer des personnes. Peu importe qui a placé le contrat et qui en est la victime, tout ce qui compte, c'est la prime qui viendra avec. Un assassin n'aura aucun scrupule ni aucune pitié, car sa conscience n'entrera jamais en ligne de compte. Tout ce qui compte... c'est qu'il agit, ramasse la bourse jetée à ses pieds et puis reprends sa route. Les gens n'attendaient pas des assassins... qu'ils les sauvent d'eux-mêmes.

Malgré le fait que quand la sirène lui donna la permission de la panser, ce qu'il avait commencé à faire, elle lui dit simplement qu'il n'inspirait que du dégoût à ses yeux. De fausses excuses, tiens donc... ce n'étaient pas des excuses, mais des faits. Tout en continuant d'arranger cette vilaine plaie avec des 'outils' qu'il avait amenés avec lui, en cas d'urgence, Kristopher décida de parler une fois qu'elle eut fini son petit monologue :

''Tu penses sérieusement qu'une gamine comme toi va continuer par se faire rechercher par la garde d'Hellenos? Non. Ils ne te rechercheront pas. N'as-tu pas vu mon 'œuvre', dehors ? Ils vont beaucoup plus te craindre qu'autre chose si jamais ils retrouvent les corps, avec les coupures et les blessures que je leur ai infligés. Les gardes, ici, sont habitués à une vie paisible et à s'occuper de pauvres criminels de bas étage, armés de pauvres couteaux rouillés. Les gardes, ici, sont habitués a aller aux bordels et aux tavernes un soir. Peu d'entre eux ont une vraie expérience du combat réel. De ce fait, en voyant ce petit carnage... ils préféreront rester dans leur coin, en paix, tandis qu'ils laisseront tranquille l'auteur présumé de ces actes.''

Il finit de traiter sa blessure et il recula une nouvelle fois, s'accotant a la poutre une nouvelle fois, bras croisés.

''Je suis l'un des rares assassins dans cette cité fangeuse et froide à être vraiment doué en combat. À savoir que ce qu'on ressent lorsqu'on est proche de la Mort. Peut-tu en dire davantage?''


Toujours sur ce ton sans émotion, Kristopher continua :

''Peu m'importe si je t'inspire du dégoût ou non, tu verras, les gens finiront par oublier. Ils finissent toujours par oublier. Ils sont bien trop habitués à leur propre paix qu'ils en oublient les monstres qui rôdent en dehors de leurs maisons.''

Et les monstres, il ne fallait pas posséder des crocs ou une apparence hideuse pour en être un. Il fallait simplement montrer... une absence d'humanité. Et Kristopher n'hésitait jamais à montrer une absence d'humanité lorsqu'il était temps de se salir les mains.

HRP:
 
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Dim 16 Oct - 13:24

Elle serra les dents quand le tissu imbibé d’alcool entra en contact avec la plaie. Mais elle bénit la douleur, car elle gommait toute autre sensation, dont celle qui la dégoûtait tant. Alors qu’il commençait à la soigner, elle avait dû se faire violence pour ne pas songer que les mains qui s’occupaient de ses blessures avaient, quelque minute plus tôt, égorgé un homme sans aucune hésitation. Alors sentir ainsi la brûlure violente du liquide désinfectant constituait une aubaine: elle ne sentait plus rien d'autre que cela… Bien sûr, il fallut que la voix monocorde de l’assassin la ramène à la réalité…

L’homme parla, longtemps. Il était bien bavard, pour quelqu’un inexpressif. Enfin, l’un n’empêchait pas l’autre, de toute manière. La demoiselle le regarda enfin dans les yeux (Nouveau frisson. Dieu, il était bien trop près… ), un air incrédule figé sur son faciès. Qu’on ne la poursuivrait pas, elle en doutait sérieusement. Peut-être s’imaginait-elle une garde plus rigoureuse et active qu’elle ne l'était réellement, mais elle ne pouvait adhérer à la débauche que dépeignait son soigneur. Si la garde n’était pas un minimum compétente, hellenos ne serait pas l’apologie de l’accueil et du refuge que l’on décrivait bien souvent. Elle porterait plutôt les bannières sanglantes et sales des quartiers malfamés remplis de brigands. Mais peut-être Calypso ne connaissait-elle pas toutes les facettes de la cité. Peut-être se donnait elle aussi un peu trop d’importance. Mais qu'y pouvait-elle? Elle désirait, à l’instar de tout être vivant, ne pas vivre poursuivie. Elle ne voulait pas mourir, ou finir ses jours dans une prison.

Elle ouvrit donc la bouche, pour répliquer comme elle avait l’habitude de le faire, mais elle se ravisa. Elle avait noté dans ce regard argent une inflexibilité et une rigidité infaillible. Comme quoi, ces yeux ne reflétaient pas que le vide émotionnel de L’homme en noir. Elle voyait qu’il était sûr de ce qu’il avançait, et qu’il ne changerait pas d’avis. Aussi ce dit-elle qu’il était inutile de discuter avec lui. Cela ne lui apporterait rien de plus, hormis de la frustration.
L’homme termina sa besogne, s’éloigna d’elle et s'accota de nouveau sur le bois poussiéreux. Calypso, elle, respira enfin(


-Je suis l'un des rares assassins dans cette cité fangeuse et froide à être vraiment doué en combat. À savoir que ce qu'on ressent lorsqu'on est proche de la Mort. Peux-tu en dire davantage?

Il était donc assassin.... C’était drôle, la demoiselle ne s’en serait aucunement doutée. Alors c’était quelqu’un que l’on payait pour tuer des gens? Une belle ordure, donc. Pourtant, cet homme avait été jusqu’à menacer un marchand, la transporter jusqu’à une fontaine, tuer une horde de soldats, fuir et la soigner. Tout ça pour la sortir du pétrin. Vraiment, elle ne comprenait pas. Pouvait-on tuer pour de l’argent mais avoir un certain sens de la justice? Pourrait-on aider et assassiner dans la même journée? Arrivait-on à vivre avec notre conscience, dans ce cas là? Pouvait-on faire preuve d’humanité, alors qu’on ne semblait rien ressentir? Tout cela semblait tellement contradictoire. Elle n’arrivait décidément pas à le cerner. A ses yeux, rien chez cet homme n’était cohérent et n’allait de soi. Peut-être que, d’une certaine manière, c’était cela qui la rendait folle.

Elle réfléchit un instant à sa question. Être proche de la mort…. Cette simple phrase fit remonter des souvenirs, et ce de manière instantanée. Mais dans quel sens employait-il ces termes? Cette proximité avec le trépas évoquait-elle le fait d’ôter la vie, ou d’être soi-même sur le point d’y passer. Dans le premier cas, alors non, Calypso n’était pas proche de la mort. Dans le second cas, cela était légèrement différent.
Elle se releva et s’avança vers la porte d’entrée, vieille et délabrée. Par une interstice, elle avisa ce qu’il se déroulait à l’extérieur. Mais la ruelle demeurait vide.


-Non, je ne suis en rien une battante. Juste une de ces personnes, bien trop habituée à sa propre paix qu’elle en oublie les monstres qui rôdent en dehors de sa maison.

Jusqu’à ce que les monstres viennent à elle. Etait-elle donc maudite, pour que le destin place ainsi sur sa route les pires créatures? Cet homme n’était pas le premier, et il ne serait sûrement pas le dernier, Calypso en était certaine. Et surtout, il n’était pas le pire, mais la demoiselle était bien trop fermée et défaitiste pour voir cela comme une chance. Mais le plus irritant, c’est que la jeune fille savait pertinemment que pour rester en vie, elle aurait besoin de cet homme. Quelques minutes s’écoulèrent, avant qu’elle ne vienne rompre le silence.

-Je ne comprend vraiment pas, laissa-t-elle échapper, vous semblez mépriser ces gens qui vivent dans l’ignorance. Je me demande même si vous ne méprisez pas la vie en général. Alors pourquoi vous embêtez-vous à secourir quelqu’un avec qui vous n’avez rien à voir, tout cela pour ne rien y gagner, au final. Ça n’a pas de sens...

Surtout quand cette même personne le méprisait. Pour la première fois, la demoiselle eut un soupçon d’admiration pour cet homme. Il se bornait à aider quelqu’un qui ne manifestait que du mépris à son égard. Calypso, elle, aurait abandonné depuis longtemps, dans de telles conditions.

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Lun 17 Oct - 4:42

En voyant la jeune femme respirer enfin lorsqu'il s'éloigna d'elle, si Kristopher avait pu, il aurait ricané de façon méchante et sardonique. Il se savait en puissance et en supériorité, en ce moment, et il savait qu'une aura invisible, pourtant menaçante et lourde émanait souvent de lui, surtout de son regard vide et froid comme la glace. Froide comme la mort. Tranchante comme une lame et qui pouvait chercher dans les profondeurs de l'âme de celui ou celle qui croisait son regard. Dans les recoins sombres de cette cité, on le reconnaissait pour cela aussi, son regard meurtrier et indiscernable, dérangé et dangereux. Pourtant, en présence de ceux qu'il protégeait, son regard s'adoucissait et son comportement en venait à changer. Il était plus attentif, paternel et bien plus doux.

Il était un monstre. Mais ce qui faisait de quelqu'un un monstre n'était ni les crocs, ni les griffes, ni une apparence hideuse, mais un cœur vil et insidieux, vouer au Mal. Pouvait-on dire que le cœur de l'assassin était le Mal, puisqu'il apportait la Mort ? Pouvait-on seulement dire qu'il en possédait un ? Les points de vues divergeaient. Mais pour l'assassin, s'il fallait être un monstre pour protéger ceux qu'il aime, alors il sera le plus dangereux d'entre eux s'il le fallait, le plus redouté, le plus craint. Un sans-cœur. Un monstre...

L'instrument de la Mort.

Il vit la jeune femme se relever et se déplacer vers la porte d'entrée toute aussi délabrée et vieille que le reste de la demeure. Il devait y avoir des sans-abris qui venaient ici parfois pour se protéger du froid. Mais heureusement, cette nuit, il semblait n'y avoir personne. Auquel cas, même si quelqu'un venait, en voyant le brun, ils décamperaient aussi tôt, puisqu'il avait du sang sur lui, des lames, et surtout qu'il était en compagnie d'une femme. Beaucoup comprendraient qu'on devrait laisser des gens comme Kristopher tranquille, dans cette situation.

''Si tu n'es pas une battante, alors tu mourras, c'est tout aussi simple que ça. Ou pire, tu souffriras, tu seras brisées de nombreuses fois, avant que l'on ne te tue. En étant habituée a vivre en paix, l'on oublie que les monstres dehors ont des crocs et des griffes''

Vérité que c'était. Il l'avait expérimenté. Il y avait goûté. Le brun sortit de sa poche la dague du marchand qu'il avait prise et le lança au pied de la jeune femme, ignorant si elle allait la prendre ou non. Il espérait cependant que, pour son propre bien, elle comprendrait qu'il fallait prendra la dague et apprendre a se défendre.

Quelques minutes s'écoulèrent en silence avant qu'elle ne parle enfin, l'écoutant avant de parler :

''Les monstres sont souvent effrayants en apparence, mais parfois, ils sont souvent plus humains que les humains en eux-mêmes, comme je l'ai dit. Je ne tue pas par vocation ni par plaisir, mais je tue, car je suis doué pour cela. Et quand on est doué en quelque chose, mieux vaut exploiter ça financièrement.''

Kristopher tourna son regard vers une des fenêtres fermées. Nuit noire au-dehors, toujours aucun signe de vie.

''Je ne méprise pas forcément la vie telle qu'elle l'est, ni les gens. Je n'aime pas tuer, je ne tue que quand cela n'est nécessaire. Je suis un monstre, je ne le sais que trop bien, mais encore une fois, un monstre peut posséder de l'humanité. Je t'ai aidée, car je savais que ce n'était que la seule chose à faire que de t'aider. Rien n'a de sens en ce monde, puisque le monde en lui-même n'a aucun sens. À nous de trouver ce qui peut être sensé ou pas.''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 22 Oct - 12:03

-Si tu n'es pas une battante, alors tu mourras, c'est tout aussi simple que ça. Ou pire, tu souffriras, tu seras brisées de nombreuses fois, avant que l'on ne te tue. En étant habituée a vivre en paix, l'on oublie que les monstres dehors ont des crocs et des griffes

Sur ces mots, il esquissa un geste. La demoiselle s’immobilisa. Son instinct lui intima de se méfier, aussi eut elle un brusque mouvement de recul quand elle identifia qu’il lançait quelque chose vers elle. Son dos heurta la porte, qui manqua de s’effondrer, mais contenta de vaciller sous une pluie de poussière. Seulement l’objet n’alla pas se ficher dans son cœur comme escompté.  Il se contenta de tomber sur le sol dans un fracas cristallin, atteignant  ses pieds après quelques rebonds inégaux. Une dague. Le regard de la sirène resta un moment bloqué sur l’arme, avant de rencontrer de nouveau celui de l’assassin, interrogateur.
Après quelques saccades entre l’objet et son « sauveur », elle finit par se pencher vers l’arme, et la saisit avec précaution, comme s’il eût été près d’exploser. Elle avait une très mauvaise expérience des dagues, mais au diable. Cela lui permettrait au moins de menacer ces agresseurs, si cela était nécessaire. Elle l’examina sous toutes les coutures, avant de la prendre plus franchement en main. Par Athéna, elle espérait ne jamais avoir à s’en servir.  L’homme détourna la tête, et répondit enfin.


-Je ne méprise pas forcément la vie telle qu'elle l'est, ni les gens. Je n'aime pas tuer, je ne tue que quand cela n'est nécessaire. Je suis un monstre, je ne le sais que trop bien, mais encore une fois, un monstre peut posséder de l'humanité. Je t'ai aidée, car je savais que ce n'était que la seule chose à faire que de t'aider. Rien n'a de sens en ce monde, puisque le monde en lui-même n'a aucun sens. À nous de trouver ce qui peut être sensé ou pas

La demoiselle écouta patiemment. Et au fur et à mesure qu’elle entendait ses paroles, la vision qu’elle avait de l’individu changea quelque peu. Elle ne le vit plus comme un monstre avide de sang. Juste comme un homme qui avait choisi un moyen bien terrible de survivre. Peut-être était-ce la seule manière de ne pas mourir, d’ailleurs. Ses derniers mots lui laissèrent un goût amer en bouche. Rien n’avait de sens…. Peut-être était-elle trop épuisée pour lutter contre une idée aussi terrible. Peut-être s’était-elle laissée convaincre de cette vérité il y a bien longtemps, mais l’avait enfouie au plus profond de son crâne. Car cette pensée était vertigineuse et terrifiante : elle laissait entendre que tout était vain. Pourtant, ce soir-là, la sirène  se laissa gagner par l’ampleur de ces mots. « Rien n’a de sens ».  Son être entier s'imprégna de ces termes, et cela détruit toute trace d’espoir en elle. L’espace d’un instant, elle songea à sa vie.  Elle revit ses jours, monotones, dans son antre au fond des eaux. Elle revit ses promenades, seule, à Hellenos. Elle revit les gens qui lui étaient chers, qu’elle ne pouvait plus voir, ainsi que toutes les traîtrises qui avaient eu lieu au fur et mesure de sa vie. Et elle pensa « Tout cela n’a pas de sens. Ça n’en n’a jamais eu ».

Mais alors, qu’est-ce qui la rattachait ainsi à la vie ? Qu’est-ce qui avait de la valeur, pour elle ? Et pour lui ? Elle ne parvenait à trouver une réponse. Tout lui sembla soudain insipide, inutile, et pourtant, elle ne voulait pas mourir. Elle ne comprenait pas, ce n’était pas logique… Encore une fois, elle trouvait que son comportement lui même n’avait pas de sens. Peut-être était-elle trop fatiguée pour voir ce qui était important. Peut-être le fait de ne pas avoir ces choses qui avaient du sens face à elle les rendait invisibles. Peut-être que ces éléments qui donnaient de la couleur à ses jours avaient disparu il y a bien longtemps, auquel cas, sa condition était bien triste. Car, au final, cela signifiait qu’elle se contentait d’exister sans vivre. Et, au yeux de la sirène, cela lui sembla bien pire que de ne plus exister du tout. Tant de questions, et si peu de réponses. Quelques secondes dûrent s’écouler avant que la sirène ne reprenne conscience de la réalité, parvienne à s’extirper de sa songerie.


-Et vous les avez trouvées ? Finit-elle pas demander, ces choses qui ont du sens ?

Elle écouta la réponse de l’homme, le fixant dans les yeux. Cette prise de conscience l’avait épuisée, et déprimée un peu plus, si cela était possible. Vivre sans but... cela avait-il un sens? Et de toute manière, allait-elle vivre assez longtemps pour le savoir... Après un long silence, elle réfléchit. Une idée venait de jaillir dans son crâne. Une idée qui lui était bien désagréable, mais qui, à cet instant, lui sembla nécessaire. Le regard dans le vague, elle prit aisément sa décision, et ne la regretta pas par la suite.

- Apprenez-moi.

Elle se tourna vers l’homme, plongeant de nouveau son regard dans le sien, déterminée.

-Apprenez-moi à être une battante. Je supporterai un peu plus votre présence, si c’est pour ne plus dépendre de gens comme vous, à l’avenir.  

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 22 Oct - 22:14

La nuit était aussi noire que de l'encre, au-dehors de l'habitation en ruine, mais le brun, possédant une bonne vue, ce qui était un atout, surtout lorsque l'on pratiquait ce genre de travail, voyait assez bien dehors et a son grand soulagement, il ne voyait aucun garde patrouiller dans ce coin-ci de la ville. Ceux qui étaient venus a leur rencontre tout à l'heure n'avait du être que du 'menu fretin' pour ceux qui incarnait l'Ordre en ville. Mais ils allaient tout de même, a un moment ou un autre, remarquer leur absence. Qu'importe, je me chargerais d'eux à nouveau s'il le faut, se disait l'assassin tandis qu'il vit du coin de l'œil la jeune sirène ramassée la dague du marchand qu'il lui avait jeté a ses pieds. Pour un marchand de cette classe, c'était une arme de bonne facture et tranchante a souhait. Il était important de protéger son échoppe, Kristopher le comprenait, mais de la a presque assassiner une jeune fille pour un misérable vase cassée, et qui était laid à ses yeux, ce n'était que de la stupidité. Le propre de l'Homme, tuer pour une simple raison.

Après qu'il lui ait donné son point de vue, toujours du coin de l'œil, il vit que la jeune femme semblait méditer sur ses paroles. Allait-elle adopter son point de vue ? Peu lui importait. Peu de choses importaient au brun. Que les gens ne l'écoutent ou pas, que sa cible ait une famille, qu'Hellenos allait brûler s'il ne participait pas à un combat. Ces choses-la, a ses yeux, n'étaient pas de grande importance. Seules ses protégées lui importaient vraiment. Ça et d'autres choses. Un court moment après, elle lui demanda s'il avait trouvé ces choses qui ont du sens, ce a quoi il répondit, toujours de sa voix monocorde :

''Oui. Parfois, je les trouve. Parfois, c'est elles qui me trouvent. Mais ce qui a du sens pour moi ne le sera pas forcément pour toi, car chacun a un point de vue différent sur chaque chose en ce monde, même si deux personnes se mettent d'accord sur un point, car leurs esprits sont bien différents de l'un de l'autre tout comme leur manière de penser. Si je dis que le rose est du rouge plus pale, seras-tu forcément d'accord avec moi ? Peut-être que le rose et le rouge sont deux couleurs bien uniques et qui n'ont aucun lien en commun, pour toi. Je continue cependant à chercher ce qui peut avoir du sens, pour moi, quand je le peux. Je n'ai pas vraiment beaucoup de temps libre, vois-tu.''


Un autre silence vint emplir l'ambiance de l'habitation, calme. Puis elle lui demanda quelque chose, sur une voix déterminée, qui lui valut sa pleine attention. Lentement, il se décolla de la poutre à laquelle il s'était accoté, tandis qu'elle plongeait son regard céruléen dans ses yeux métalliques et morne. Et toujours de cette même lenteur, il s'approcha de la jeune femme, comme un Loup s'approchant de la Brebis pour se nourrir. S'arrêtant devant elle, il la regarda de haut, vu qu'elle était bien plus petite que lui.

''Tu veux être une battante ? Soit. Je veux bien t'apprendre, gamine, mais soit bien avertis, je ne me montrerais nullement doux avec toi, ni gentil, car la Vie est bien cruelle et ceux qui auront le dessus sur toi le seront tout autant que la Vie ne l'est. Certains pourront te tuer lentement, d'autres auraient la gentillesse de s'occuper de toi rapidement... ou pire encore. Cependant, dis-toi ceci, un jour ou l'autre, tu auras encore besoin des services de gens bien plus expérimentés que toi. Que moi.''


Il croisa ses bras une nouvelle fois.

''Quel style de combat serait tu plus à l'aise avec ? Un style offensif ou défensif ? Un mélange des deux? Quel arme veut-tu manier en particulier? Es-tu agile ? Rapide ? Et il te faudra bien évidemment te muscler, ce n'est pas avec tes bras maigrichons et tes muscles non-existant que tu pourras combattre longtemps.''
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Mer 26 Oct - 17:55

Elle serra le métal dans sa main. Les paroles de l'homme raisonnaient encore dans son esprit, alors qu'elle attendait une réponse. Cet individu aussi, aussi inhumain semblait-il être, avait des choses qui avaient du sens. Mais il ne détailla pas lesquels. Encore une fois, il restait évasif, comme lorsqu’elle lui avait demandé se qui l'avait poussé à l'aider. Il se contentait de détourner le sujet en lançant de grandes phrases philosophiques et bateaux. Décidément, cet homme ne laissait rien voir de ce qu'il pouvait-être à l'intérieur. Que ce soient ses émotions ou ses pensées, ses envies ou ses attaches, rien ne s'échappait de sa bouche et de ses yeux métalliques. Véritable enveloppe hermétique, toutes ces choses qu'il retenait en lui ne semblaient pouvoir s'échapper. Pour peu qu'il y ai eu des choses à retenir. La demoiselle aurait été intriguée par tant de mystère, en d'autres temps. Mais maintenant, elle était lassée de chercher à comprendre ce qu'il se passait dans l’esprit d'autrui. Elle avait passé sa vie à côtoyer des menteurs, qui dissimulaient leur véritable nature sous un masque, bienveillant pour la plupart. Alors, que le masque en question soit agréable ou impassible, cela ne changeait rien. C'était toujours un masque, une couche superficielle cachant la vérité. Et les gens qui portaient des masques, la sirène s'était promis qu'elle ne leur accorderait plus sa confiance. C'était d'ailleurs pour cela que la demoiselle ne faisait plus confiance à personne.
Parce qu'au final, ils étaient rares, les êtres qui ne dissimulaient pas leur vrai visage.

Aussi redouta-t-elle la réponse de l'homme. Elle ne craignait pas qu'il refuse, non. Cela ne l'aurait pas particulièrement atteinte. Elle en aurait peut-être même été soulagée. Non, elle redoutait qu'il accepte. Elle redoutait d'avoir à passer encore une minute de plus avec cet homme. Mais elle savait également qu'elle ne voulait pas mourir, ni revivre ce qu'il s'était passé aujourd'hui. Alors, comme quand elle s'était laissée soignée, elle rassembla son courage, et attendit la réponse de l'assassin, résignée. Sous ses yeux azurs qui ne le quittèrent pas, il se redressa, et s'approcha lentement d'elle. La demoiselle, par un effort colossal, parvint à ne pas ciller. Elle refusait de céder à cette peur ridicule et à fuir. Bien droite, elle continua de fixer l'homme avec dureté. Elle non plus, ne laisserait plus ses craintes illuminer son regard.



-Tu veux être une battante ? Soit. Je veux bien t'apprendre, gamine, mais soit bien avertis, je ne me montrerais nullement doux avec toi, ni gentil, car la Vie est bien cruelle et ceux qui auront le dessus sur toi le seront tout autant que la Vie ne l'est. Certains pourront te tuer lentement, d'autres auraient la gentillesse de s'occuper de toi rapidement... ou pire encore. Cependant, dis-toi ceci, un jour ou l'autre, tu auras encore besoin des services de gens bien plus expérimentés que toi. Que moi. Quel style de combat serait tu plus à l'aise avec ? Un style offensif ou défensif ? Un mélange des deux? Quel arme veut-tu manier en particulier? Es-tu agile ? Rapide ? Et il te faudra bien évidemment te muscler, ce n'est pas avec tes bras maigrichons et tes muscles non-existant que tu pourras combattre longtemps.


Alors, il l'aiderait ? Le tout sans ménagement ? Bien. De toute manière, la demoiselle n'en attendait pas moins. Elle doutait que l'assassin soit capable de faire preuve ne serait-ce que d'un peu de douceur et de compassion. En revanche, il était inutile de le faire pour lui apprendre ce qu'était la dureté de la vie. Elle avait déjà eu bien assez de crasses durant son existence pour savoir qu'il ne fallait rien attendre du destin. Elle en verrait des pires, elle en était certaine. Mais au moins, elle avait connaissance de cet avenir qui lui était promis, et elle ferait tout pour s'y préparer au mieux. S’entraîner avec un assassin dénué d’émotions en faisait partie. Il posa ensuite une salve de questions ayant pour but de cerner le style de combat qu'elle désirait. Sur ce point-là, elle n'avait aucune incertitude.


-Défensif. Je ne suis ni agile, ni rapide. Mais j'apprends vite... Et pour l'arme, elle désigna la dague du menton, ceci suffira.


Se contenter de survivre… Après seulement, elle trouverait ce qui avait de l'importance pour elle.

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Mer 26 Oct - 22:38

La vie était plusieurs choses pour plusieurs personnes, en ce monde froid, malgré la présence du soleil. Pour beaucoup, cela pouvait être un enfer, un cauchemar, un lieu maudit, mais pour certains, un paradis et un oasis à laquelle on pouvait habiter pour l’éternité. Mais pour les gens comme l’assassin ici présentement qui ont emprunté la voie sombre mais lucrative de l’assassinat, le mercenariat ou toute autre voie criminelle, la vie n’était qu’un long et lassant combat contre des adversaires aux différentes formes et tactiques de duel. Certains utilisaient les mots, empoisonnaient l’esprit de leur adversaire, mais d’autre, comme Kristopher, utilisaient le tranchant de l’acier et du fer pour emmener une âme de plus dans l’au-delà.

Mais il voyait un combat en ce moment. Il voyait dans les yeux bleus céruléen de la jeune femme un combat intérieur, essayant de convaincre cette peur qu’elle avait de lui. Une peur justifiée. Une peur qui lui allait bien. Elle finit par répondre ensuite en disant qu’elle était plus du style défensif, malgré son manque d’agilité et de rapidité.

‘’Très bien, défensif donc… ne t’inquiète pas pour ton agilité ou ta rapidité. Ça viendra avec la pratique. Suis-moi.’’

D’un mouvement de la tête, il lui ordonna de le suivre et sortit de la maison en sa compagnie. La nuit était avancée et les gardes n’allaient pas prendre de risque pour sortir en nuit noire comme celle-là. L’assassin emprunta divers rue en s’assurant que la jeune fille le suivait et arrivèrent enfin dans une grande place vide et abandonnée, qui avait servi autrefois de lieu d’entraînement pour un ancien groupe de mercenaire. Des mannequins se balançaient lentement au fil du vent et des tourbillons de poussière se formaient sur le sol sablé. Se retournant, il darda ses yeux vers la jeune fille et sortit sa propre dague puis se mit en position de combat. Un pas en arrière, l’autre restant en place, bien crampé au sol, mais prêt à bondir pour attaquer.

‘’Avant que je ne commence, tu es sure que tu vas bien tenir avec ton pied ? Vu que tu es blessée…’’


Puis sans un mot, il s’élança vers elle. Il porta un coup vers la hanche du plat de sa lame, mais ce n’était pas le vrai coup. Le vrai coup était son poing qui allait se ficher vers son ventre et lui couper le souffle pour ensuite la mettre à terre, lame contre sa jugulaire, immobilisée. Enfin, si elle avait esquivé… était-ce le cas ?
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Calypso
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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Jeu 3 Nov - 22:36

-Très bien, défensif donc… ne t’inquiète pas pour ton agilité ou ta rapidité. Ça viendra avec la pratique. Suis-moi.

Quoi ? Il ne comptait tout de même pas l’entrainer maintenant ?! Elle était tout bonnement exténuée, l’état de ses pieds laissait sérieusement à désirer, et elle ne voulait pas s’attarder en ville, alors qu’elle venait d’être témoin d’une scène de meurtre. Mais non, l’assassin avait une idée bien plantée au fond de son crâne, et encore une fois, la demoiselle sut qu’elle ne pourrait pas lui faire changer d’avis. Résignée, elle le suivit, le maudissant quelque peu dans un coin de sa tête. Bonté divine, cela était-il trop demander de fuir Hellenos pour ce soir, et de se donner, disons… un rendez-vous le lendemain ? Au lac des sirènes par exemple ? Non, cela aurait été trop facile, à tous les coups. Se revoir après une bonne nuit de sommeil n’était pas assez représentatif de la « dure réalité » selon monsieur. Se revoir près d’un lac aurait été trop peu stressant, et donc trop simple. La demoiselle songea un instant que cela aurait été son premier rendez-vous avec un homme. « Tu parles, d’une entrevue romantique ! », songea-t-elle avec ironie.

Ils sortirent donc de la maison. La nuit était bien avancée, et il n’y avait nulle trace de vie au sein des ruelles. Le fond de l’air était frais, ce qui n’était guère étonnant. Les nuits froides étaient monnaie courante, en Grèce. Un frisson parcouru son échine. Aussi croisa-t-elle les bras afin de protéger ne serait-ce qu’un peu sa peau, encore humide par endroit. A pas de loup, elle suivit son mentor fraîchement trouvé, lançant quelques regards inquiets derrière son épaule. Si jamais des gardes tombaient sur eux…. Bah, elle préféra ne pas y penser. Avec cette machine de guerre à ses côtés, elle était pratiquement sûre de conserver son intégrité physique. En revanche, elle avait beaucoup moins de certitudes en ce qui concernait sa santé mentale…
Après avoir pris quelques tournants, le duo débarqua dans une cour, normalement dédiée à l’entrainement des gardes de la ville. La sirène fut étonnée de trouver un tel lieu ici, à la portée de tous. Peut-être n’était-il plus utilisé ? Cela sembla plausible, à en juger par la poussière qui s’était accumulée. L’homme se tourna vers elle, sortant sa dague. La demoiselle, frissonnant, dégaina elle aussi. Par Zeus, la nuit était froide. Et elle n’était pas la seule à l’être.

-Avant que je ne commence, tu es sure que tu vas bien tenir avec ton pied ? Vu que tu es blessée…

La demoiselle ouvrit la bouche. « Ce n’est que maintenant que vous vous en préoccupez ? » ou « Non. Je peux rentrer chez moi, du coup ? », furent le genre de phrase qu’elle s’apprêta à sortir. Seulement, sans attendre sa réponse l’homme bondit sur elle. Prise au dépourvu, la pauvre sirène n’eut le temps que de protéger son corps de la maigre protection qu’étaient ses bras. Seulement l’assassin n’eut aucun mal à pénétrer ses maigres défenses. Elle reçut deux coups : le premier, sur la hanche, la déstabilisa. Le second, au ventre, lui arracha gémissement étouffé. Enfin, elle fut violemment plaquée au sol par l’assassin, et le choc fit échapper la dague de ses mains. La sirène n’eut même pas le temps d’esquisser le moindre geste qu’elle sentit le contact froid du métal presser la peau de son cou. Le corps endolori, elle plongea son regard dans celui de l’assassin, qui sembla luire dans la lumière d’Artémis.


-Et là, je meurs. C’est ça l’idée ? articula-t-elle avec difficulté.

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Kristopher Moreau

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MessageSujet: Re: Rencontre au marché PV: Calypso   Sam 5 Nov - 21:11

La réalité était impitoyable et bien cruelle pour ceux qui n'ont jamais su se battre et qui ne savent pas se battre. Elle frappe vite et n'est pas sans douleur, mais c'était cette douleur qui aidait les gens à pousser à faire deux choses : se coucher au sol et mourir ou bien se relever et combattre comme un enragé. C'était ce que son père lui avait apprit. C'était, bien entendu, assez drastique de dire ça a un enfant mais telle était la vie. Dans son village, il avait dû affronter à mains nues toute une bande de gamins, jeune comme il avait été, et avait gagné de ce fait sa marque sur sa main, marque qu'il couvrait en portant des gants.

La vie était un constant combat, pour vivre, pour survivre, pour manger. Chaque jour apportait son lot de problèmes, chaque jour apportait quelque chose de difficile. Aussi bon assassin qu'il était, Kristopher n'était pas le meilleur non plus. Il lui était arrivé de tomber sur un os parfois, mais il savait s'en débarrasser rapidement pour accomplir un travail. Le brun en avait des cicatrices. Et il lui est déjà arrivé d'avoir rencontré par deux fois le meilleur assassin de la cité... et c'étaient des mauvais souvenirs.  

Comme prévu, il réussit à briser les défenses de la jeune femme et la plaqua à terre, lame contre son cou, l'air toujours aussi inexpressif.  

''Non. Pas forcément morte, mais c'était aussi une possibilité. Étant une femme, tu aurais probablement pu te faire violer ou pire, vendre en esclavage...'' Le ton qu'il avait pris en disant cela était presque nonchalant, voire ennuyé.

Il se releva, la laissant libre, et recula en donnant un petit coup de pied à la dague de la jeune femme, la renvoyant auprès d'elle.
 
''Celui qui reste planté comme un piquet comme ça risque de mourir, gamine. Il faut que tu bouges sans arrêt, sinon, ce serait comme inviter quelqu'un à te transpercer la poitrine d'une épée ou avec une lance. Dans une bataille ou un combat, les chances de se faire blesser sont aussi grandes que de se faire tuer, donc, combattre blessée sera normale. Allez, remets-toi debout.''

Quand la jeune femme se remit debout, il se mit en position d'attaque.

''Quand tu tiens ta dague, assure-toi que la prise est bien forte. Je ne te demande pas de faire un effort surhumain, mais de bien la garder. Si tu perds ton arme dans un combat, tu pourrais sois t'enfuir ou utiliser ton environnement comme arme.''


Il recommença et fonça sur la jeune femme. Son attaque allait être différente. Il allait tout d'abord lui donner un coup de pied balayette pour la faire tomber avant de retourner sa propre dague contre elle. Sauf si elle parvenait cette fois à éviter son attaque, auquel cas, il essaierait de lui faire lâcher sa dague en la harcelant de ses propres lames sans pour autant la blesser gravement.
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